Présentation du concept A3
Saab a présenté l’A3, un véhicule aérien sans queue, à double aile delta, capable de voler à vitesse supersonique et d’opérer de façon autonome. Le projet, prévu pour un développement rapide dès le début des années 2030, vise à fournir un complément « peer‑capable » au Gripen E actuel, tout en servant de plateforme technologique intermédiaire pour un futur avion de combat habité prévu dans les années 2040. Le design rappelle le Draken des années 1960, mais intègre des capteurs et des systèmes de guerre électronique de nouvelle génération afin de répondre aux exigences de missions variées.
Développement des démonstrateurs A1 et A2
Le premier pas vers l’A3 passe par le démonstrateur A1, propulsé par un moteur GE F414, légèrement plus grand que le Gripen E mais plus léger. Il possède une aile delta conventionnelle et des queues en V cantonnées. Des essais en soufflerie ont été menés aux Pays‑Bas, et Saab prévoit le premier vol du A1 dans les quinze prochains mois. Le second démonstrateur, le A2, sera similaire mais intégrera une baie d’armement interne, prévue pour un vol d’essai vers la fin de la décennie. Bien que la libération d’armes depuis la baie n’ait pas été confirmée, le projet marque la première tentative de Saab d’utiliser une baie interne depuis le bombardier B‑17 de la Seconde Guerre mondiale. Saab cible un délai de 36 mois entre la phase de concept et le vol inaugural, un objectif soutenu par le financement de l’agence de défense suédoise FMV.
Analyse des performances, coûts et enjeux opérationnels
Saab estime que le coût d’acquisition de l’A3 pourrait être environ la moitié de celui d’un Gripen, avec des coûts du cycle de vie proches d’un tiers. Le ratio envisagé entre A3 et avions habités se situe entre 2 : 1 et 3 : 1, ce qui suggère une utilisation intensive comme « loyal wingman ». En comparaison, les plateformes attritables américaines coûtent entre 20 et 25 millions de dollars chacune, un prix qui reste élevé pour les forces aériennes européennes. L’A3 recevra des commandes de haut niveau via le pilote du Gripen, transmises par la voix ou les contrôles main‑sur‑manche (H‑OT‑S). Pour soutenir l’autonomie, Saab a créé une « AI fighter pilot academy » qui entraîne des modèles d’IA à travers des scénarios variés, du pilote agressif au pilote collaboratif. Parallèlement, le système de guerre électronique Arexis, adapté aux exigences de faible taille, poids, puissance et coût, sera intégré pour assurer la survivabilité dans des espaces aériens contrôlés, contrairement aux concepts attritables qui ne nécessitent pas de certification. Aucun moteur n’est encore sélectionné pour l’A3, mais des discussions sont en cours avec plusieurs fournisseurs. Enfin, le projet Ruby, développé par l’incubateur Rainforest et construit par Divergent Technologies, explore des approches de fabrication low‑cost et l’usage de la technologie cellulaire dans l’avionique, élargissant la gamme de solutions envisagées par Saab.