Principe de la sauvegarde et objectifs de récupération
Une sauvegarde consiste à conserver une copie des données sur un support distinct afin de pouvoir les restaurer après une perte. L’article précise que le Recovery Point Objective (RPO) varie de moins de 30 seconds pour les institutions financières critiques à 24 heures ou plus pour les petites entreprises. Cette fourchette montre que la fréquence des instantanés dépend du niveau de tolérance à la perte de données. Un RPO de 24 heures implique typiquement sept instantanés par semaine, trente par mois et trois cent soixante‑cinq par an si aucune rotation n’est appliquée.
Architecture de rotation et granularité des instantanés
Pour limiter l’encombrement, l’auteur recommande une rotation de type GFS (Grandfather‑Father‑Son). Le schéma proposé conserve les sauvegardes quotidiennes pendant 14 jours, les sauvegardes hebdomadaires pendant 7 semaines et les sauvegardes mensuelles pendant 12 mois. Cette hiérarchie réduit le nombre total d’instantanés tout en conservant une résolution temporelle élevée pour les données récentes et une résolution plus grossière pour les données anciennes. La rotation impose toutefois une surveillance active afin d’éviter la suppression accidentelle d’un instantané encore utile.
Déduplication incrémentale avec hard links
Les changements de fichiers suivent une distribution à queue lourde : la plupart des fichiers restent inchangés tandis qu’une petite fraction évolue constamment. L’article explique que, plutôt que de dupliquer les fichiers identiques, on peut créer des hard links vers une unique copie physique. Cette technique, utilisée par rsnapshot, réalise des sauvegardes incrémentales où chaque instantané ne stocke que les différences avec le précédent. Le résultat est une réduction substantielle de l’espace disque et de la bande passante, surtout lorsqu’un stockage cloud est impliqué.
Mise en œuvre pratique
Le processus décrit s’appuie sur rsync pour transférer les fichiers depuis la machine source, et sur des cronjobs pour planifier les sauvegardes selon la politique GFS. Le recours aux hard links garantit que les métadonnées – permissions, propriétaire et horodatage – sont préservées lors de la restauration. En combinant incrémentalité, déduplication et rotation, on obtient une solution qui minimise le coût de stockage, réduit la consommation de bande passante et offre une résilience suffisante face aux pannes matérielles, aux ransomwares ou aux erreurs humaines.