Contexte médical et technologique
Le syndrome de Stargardt, maladie héréditaire de la rétine, détruit progressivement les photorécepteurs de la couche externe tout en épargnant souvent la couche interne qui transmet les signaux au cerveau. Cette atteinte crée un point aveugle central qui s’élargit avec le temps, touchant environ 150 000 personnes dans le monde. Science Corporation, fondée en 2021 par Max Hodak, propose PRIMA, une puce rétinienne déjà commercialisée en Europe pour l’atrophie géographique, forme avancée de dégénérescence maculaire liée à l’âge. L’entreprise a annoncé son utilisation de PRIMA pour la première fois chez un patient Stargardt lors de TechCrunch Disrupt 2026.
Fonctionnement du dispositif PRIMA
Le dispositif consiste en un implant de 2 mm × 2 mm placé sous la rétine, à l’endroit où les photorécepteurs ont dégénéré. L’intervention dure environ une heure et se déroule en salle d’opération. Après la pose, le patient porte des lunettes équipées d’une caméra qui transmet en temps réel le flux vidéo à l’implant. Ce dernier agit comme des photorécepteurs artificiels, convertissant les images en signaux électriques que le nerf optique relaie au cerveau. Le champ visuel fourni est limité à un « patch » central, en noir et blanc, à contraste élevé, permettant de distinguer quelques lettres à la fois.
Premiers résultats cliniques et limites
Le premier patient a reçu l’implant en mai 2026 au Sydney Eye Hospital, Australie. Lors de la première séance de rééducation, il a reconnu une lettre ; lors de la seconde, il a pu lire un mot complet. Ces observations confirment que le signal électrique généré par PRIMA peut être interprété par le cerveau comme une forme de vision. Cependant, la petite taille de l’implant impose un champ de vision très restreint et l’absence de perception des couleurs. Hodak a souligné que l’adaptation à la courbure sphérique de l’œil et la réduction de la taille des électrodes sont les principaux obstacles à l’augmentation du champ et à l’amélioration de la résolution.
Perspectives et développements futurs
Science Corporation prévoit une version « next‑generation » de PRIMA d’ici un an, avec des électrodes plus petites et un format adapté à la courbure oculaire, visant à élargir le champ visuel. L’objectif à cinq ans est d’atteindre une acuité proche de la vision native. Au-delà de la rétine, l’entreprise développe un capteur BCI à placer sur le crâne, non invasif, destiné à surveiller l’activité neurologique chez les patients atteints de tumeurs cérébrales ou de maladies neurodégénératives, et à explorer des applications post‑AVC. Cette stratégie place la restauration de la vision comme première étape d’une ambition plus large d’interfaces cerveau‑ordinateur.