Première impression et ergonomie

Le testeur a parcouru 45 minutes entre le sud‑ouest de Washington et Rockville, Maryland, avec le prototype de Slate Auto affichant près de 6 000 miles (9 656 km) sur son petit écran numérique. Cette distance indique que le véhicule a déjà accumulé un usage significatif, ce qui permet d’évaluer la robustesse des composants mécaniques et électroniques en conditions réelles.

Le cabriolet à deux places mesure 68 inches (1,7 m) de hauteur, comparable à un crossover standard, offrant une position de conduite élevée. Les poignées de porte, rappelant le Morris Marina, offrent une action mécanique satisfaisante, tandis que le siège et la colonne de direction sont réglables manuellement avec une amplitude suffisante, un choix souvent négligé sur les modèles à bas prix.

Interface numérique et commandes

L’affichage digital, minimaliste mais lisible, indique vitesse, kilométrage et active la caméra de recul lorsqu’on engage la marche arrière. L’absence de fonctions avancées comme la navigation ou l’intégration smartphone montre que le prototype mise sur la simplicité, mais le testeur a pu installer un support de téléphone pour pallier ce manque. Les trois molettes de climatisation – chaud, froid, ventilation – sont décrites comme proches de l’« idéal platonicien », offrant un contrôle granulaire sans dépendre d’un écran tactile.

Le démarrage se fait via une clé fob insérée dans le tableau de bord, suivi d’un sélecteur à colonne pour choisir drive, neutre, park ou reverse. Cette architecture mécanique rappelle les véhicules traditionnels, limitant les risques de bugs logiciels liés aux sélecteurs électroniques, mais elle ne profite pas des économies de poids que permet un levier électronique.

Conception du prototype et implications de production

Le prototype utilise des panneaux en plastique noir brillant et des bandes de Velcro, témoignant d’une phase de validation rapide où les finitions sont secondaires. Cette approche permet de tester l’ergonomie et les systèmes de contrôle sans engager les coûts de matériaux de série, mais elle laisse présager des ajustements nécessaires pour la durabilité et la perception du client final.

Le tableau de bord intègre un affichage numérique dédié au kilométrage, mais aucune mention n’est faite d’un système de gestion de batterie (BMS) visible ou d’indicateurs d’autonomie. L’omission de ces données empêche d’évaluer la capacité énergétique du camion, un point crucial pour un véhicule utilitaire électrique destiné à des trajets professionnels.

Limites et perspectives

Le manque de fonctions connectées – navigation, télémétrie, mise à jour OTA – représente une contrainte pour les utilisateurs habitués aux véhicules modernes. De plus, l’utilisation d’une fenêtre à manivelle manuelle, bien que fonctionnelle, indique que le système d’alimentation électrique n’est pas encore entièrement exploité pour automatiser les fonctions de confort.

En résumé, le prototype de Slate Auto démontre une ergonomie solide et des commandes intuitives, mais la transition vers une production de masse devra intégrer des interfaces numériques plus complètes, un BMS visible et des matériaux de finition adaptés pour répondre aux attentes du marché des camions électriques.