Résultats financiers du deuxième trimestre
Snowflake a affiché un bénéfice avant compensation d'actions de 0,62 $ par action, contre une prévision de 0,45 $, soit une hausse de 38 %. Le chiffre d'affaires a progressé de 35 % pour atteindre 1,55 milliard de dollars, dépassant l'objectif analyste de 1,48 milliard. Cette performance contredit les attentes d’un ralentissement après la croissance de 33 % observée trois mois auparavant. Le produit principal, le data‑warehouse cloud, a généré 6,1 milliards de dollars de revenu produit prévu pour l'exercice fiscal 2026, ce qui représente une croissance annuelle de 36 % et exclut le segment services, nettement plus modeste.
Sur le plan de la rentabilité, la marge opérationnelle ajustée a grimpé à 14,5 % contre 10 % l’an passé, surpassant même la guidance antérieure de 13,5 %. Le résultat net reste négatif, avec une perte de 192,7 millions de dollars contre 297,9 millions à la même période l’an précédent, soit une amélioration de 35 %. Le PDG Sridhar Ramaswamy a indiqué que Snowflake vise le point d’équilibre au cours du prochain exercice fiscal, un objectif qui repose sur la combinaison de la hausse du revenu produit et de l’amélioration des marges.
Adoption des outils IA et dynamique client
Le trimestre a vu l’ajout de 692 nouveaux clients, soit une hausse de 32 % sur un an, dont beaucoup utilisent les services IA de Snowflake. Le « coding agent » CoCo, lancé en février, compte déjà plus de 9 100 comptes clients, tandis que la plateforme d’analyse collaborative CoWork dépasse 5 800 comptes. Cette pénétration rapide indique que les clients considèrent Snowflake comme une infrastructure « AI‑ready », capable de centraliser les données et d’alimenter les agents d’IA internes.
Paradoxalement, l’émergence d’agents IA autonomes soulève un débat : certains analystes craignent que les modèles de langage réduisent la dépendance aux plateformes de données, mais Snowflake argue que l’optimisation des dépenses via LLM renforce la valeur perçue du service. L’entreprise propose déjà des outils d’optimisation des coûts, transformant ainsi une menace potentielle en levier de rétention client.
Analyse de la valorisation et des risques concurrentiels
Le cours de l’action a bondi de plus de 22 % en séance prolongée, mais la capitalisation boursière reste élevée, évaluée à 15 fois le revenu projeté sur 12 mois. Cette prime dépasse largement la moyenne du secteur logiciel, qui se situe à 7,4 fois. Une telle décote pourrait s’éroder rapidement si Snowflake ne maintient pas son rythme de croissance ou si les marges n’atteignent pas le point d’équilibre prévu.
Sur le plan concurrentiel, Snowflake affronte des géants comme Microsoft Azure Synapse et Databricks, qui offrent des architectures similaires de séparation stockage/compute. La différenciation repose désormais sur l’intégration IA et la capacité à fournir des outils d’optimisation des coûts. La pression sur les valorisations, combinée à la volatilité historique de l’action, impose aux investisseurs une vigilance accrue quant aux performances futures et à la capacité de Snowflake à convertir sa croissance de clientèle en rentabilité durable.