Présentation des résultats financiers
Le troisième trimestre 2026 a généré 14,6 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour SpaceX, dont 52 % proviennent du segment d’intelligence artificielle, désormais nommé « Super Intelligence ». Ce segment a réalisé 7,5 milliards de dollars de revenus, alimentés par l’outil de codage Cursor, le bot Grok et, surtout, le service néocloud qui exploite 1,7 GW de capacité de calcul. La profitabilité du volet IA s’élève à 431 millions de dollars, après déduction d’une charge exceptionnelle de 1,2 milliard de dollars liée à la compensation en actions de l’acquisition de Cursor.
Architecture du segment Super Intelligence
Le néocloud repose sur des data centers terrestres, dont le projet Colossus II à Memphis, Tennessee, qui doit atteindre une puissance installée de plusieurs gigawatts. La capacité de 1,7 GW indique la présence de milliers de serveurs GPU/TPU, nécessitant une alimentation électrique et un refroidissement à grande échelle. SpaceX a intégré ses propres systèmes de distribution d’énergie, tirant parti de la chaîne d’approvisionnement en énergie développée pour les lanceurs Starship, afin de réduire les pertes de conversion et d’assurer une redondance compatible avec les exigences de disponibilité des services IA.
Contraintes d’infrastructure et solutions internes
Elon Musk a souligné que la limitation principale n’est plus le nombre de puces mais la capacité de puissance, de refroidissement et d’infrastructure. Les turbines destinées à alimenter les data centers subissent des retards de 12 à 18 mois à cause de la disponibilité des pales en métal. Pour contourner ce goulot, SpaceX utilise ses propres installations de fonderie, développées initialement pour les pièces de fusée, afin de couler les composants des turbines en interne. Cette approche réduit le délai d’approvisionnement et limite la dépendance aux fournisseurs externes, mais elle impose des exigences de contrôle qualité strictes pour garantir la performance thermique des turbines.
Perspectives et risques
Sur le plan financier, le bénéfice net du trimestre s’élève à 4,4 milliards de dollars, contre une perte d’un milliard l’an passé, malgré un déficit cumulé de 413 millions sur les neuf premiers mois. Les dépenses d’investissement totalisent 19,6 milliards de dollars, avec une projection de 35 à 40 milliards pour le quatrième trimestre, incluant la construction de nouveaux data centers et le développement continu du lanceur Starship. Musk prévoit que la récupération simultanée du premier et du deuxième étage du Starship, prévue pour novembre, pourrait ouvrir la voie à des stations orbitales de calcul, réduisant la latence pour les services IA. Cependant, la dépendance à des capacités de refroidissement et à la disponibilité de métaux critiques expose le modèle à des fluctuations du marché des matières premières et à des contraintes de chaîne d’approvisionnement. La croissance du nombre d’abonnés Starlink, qui a atteint 13,6 millions, crée une demande supplémentaire en bande passante, ce qui pourrait accentuer la pression sur les infrastructures réseau si la consommation des agents IA dépasse les prévisions actuelles.