Mise en orbite et profil de vol

Le 28 septembre 2026, le lanceur Starship a décollé à 8:49 a.m. EDT depuis Starbase, Texas, pour son 14ᵉ essai. Après une montée de 25 minutes, un moteur Raptor a été réactivé pour placer le vaisseau en orbite circulaire à environ 170 miles (274 km) d’altitude. Le stage supérieur a effectué une descente contrôlée dans le Pacifique un peu plus de trois heures plus tard, bien avant le créneau prévu de dix heures. La séquence de désorbitation a commencé vers 11 a.m. EDT, suivie d’un splash‑down dans le golfe du Mexique avant midi, où le véhicule s’est renversé et a explosé à cause du carburant résiduel.

Architecture du lanceur et performances des moteurs

Starship utilise six moteurs Raptor sur son étage supérieur ; lors de ce vol, l’un d’eux s’est arrêté prématurément, mais les données de télémétrie ont indiqué que les cinq moteurs restants restaient dans les paramètres de santé. Le booster Super Heavy, équipé de plusieurs moteurs Raptor, a également perdu au moins un moteur avant son atterrissage maritime, ce qui a conduit SpaceX à abandonner la tentative de récupération du booster. La capacité de réallumer un moteur en vol, déjà démontrée lors du vol 13 en juillet, a été confirmée de nouveau, renforçant la marge de manœuvre pour les futures missions orbitales.

Système de protection thermique et déploiement des satellites

Le Starship du vol 13 était doté d’un bouclier thermique révisé : des panneaux ablatives supplémentaires recouvrent la partie arrière et les tuiles courbées ont été redessinées pour réduire les points de chauffage entre les joints. Trois des 26 satellites Starlink de troisième génération transportés comportaient des caméras destinées à photographier ces tuiles, offrant des données empiriques sur l’efficacité du nouveau revêtement. Chaque satellite ajoute approximativement 1 terabit/s de capacité réseau, ce qui, multiplié par 26, représente un gain substantiel pour la constellation.

Implications pour les missions lunaires et la viabilité économique

Starship constitue l’un des deux atterrisseurs prévus pour Artemis III (2027) et Artemis IV (2028). Aucun ravitaillement en orbite n’a encore été réalisé, et chaque atterrisseur lunaire pourrait nécessiter jusqu’à 15 lancements de ravitailleurs, soulignant l’importance d’une capacité de réutilisation fiable. Sur le plan financier, le segment spatial de SpaceX a enregistré une perte opérationnelle de 542 M$ et des dépenses R&D de 1,08 Md$ au dernier trimestre, reflétant l’investissement massif requis pour atteindre l’orbite. La perspective de lancer Starship depuis la Floride d’ici la fin de l’année indique une diversification des sites de lancement, potentiellement favorable à la réduction des coûts logistiques.