Présentation

Le 28 septembre 2026, le lanceur Starship de SpaceX a réalisé son premier vol orbital depuis le site de Boca Chica, Texas. Le décollage a suivi le protocole habituel : le booster Super Heavy a séparé l'étage supérieur après quelques minutes, puis les deux parties ont poursuivi leurs trajectoires respectives. L’événement a été marqué par la perte d’un des six moteurs Raptor de l’étage supérieur, mais le véhicule a tout de même atteint l’orbite.

Architecture et performances

Starship repose sur une architecture à deux étages propulsés par des moteurs Raptor à combustion full‑flow. La perte d’un moteur, soit ≈16 % de la poussée totale, a été compensée par la redondance intégrée : les cinq moteurs restants ont fourni la poussée nécessaire pour atteindre la vitesse orbitale (~7,8 km/s). Cette marge de sécurité reflète le choix de SpaceX d’utiliser un nombre élevé de moteurs plutôt que des moteurs plus puissants, afin de limiter les risques de perte de mission.

L’étage supérieur a déployé 26 satellites Starlink V3 en une seule orbite, conformément au plan initial de six passages en neuf heures. Selon SpaceX, chaque lancement complet de V3 équivaut à la capacité fournie par 20 vols de satellites V2 mini lancés à bord du Falcon 9, ce qui indique une amélioration de la charge utile d’environ un facteur 20. Les V3, plus puissants que leurs prédécesseurs, renforcent la capacité du réseau de plus de 10 000 satellites déjà en service.

Le booster Super Heavy a effectué un atterrissage simulé au-dessus de l’eau du Golfe du Mexique. Le texte indique que c’est le « cleanest simulated landing » réalisé avec la version V3, soulignant les progrès de la récupération du premier étage. Il s’agit du troisième test V3, chaque essai étant espacé d’environ deux mois, ce qui montre une cadence de validation rapide.

Implications opérationnelles et limites

Atteindre l’orbite ouvre la voie à des missions commerciales régulières et à la réutilisation complète du lanceur, objectif central de SpaceX. Cependant, la perte d’un moteur expose la sensibilité du système aux défaillances de propulsion : bien que la mission ait survécu, la marge de manœuvre reste limitée, surtout pour des missions plus lourdes ou des trajectoires interplanétaires.

Le vol a eu lieu alors que SpaceX venait de réaliser son deuxième lancement depuis son introduction en bourse, l’IPO ayant été la plus importante jamais réalisée dans le secteur spatial. L’action a progressé de plus de 1 % en pré‑ouverture, illustrant l’impact financier immédiat d’un tel jalon.

Pour soutenir une cadence de « milliers de vols par an », Elon Musk a signé un accord avec la Louisiane afin de construire un nouveau complexe de lancement, avec un investissement annoncé de 100 milliards de dollars et un début de construction prévu l’an prochain. Cette expansion vise à dépasser la capacité actuelle du site texan, mais elle introduit des incertitudes liées aux délais de construction, aux coûts d’infrastructure et à la gestion de la logistique de récupération en mer.