Contexte historique
En 2005, Sun Microsystems a rendu Solaris open source sous le nom d’OpenSolaris. Cette décision visait à attirer les startups qui développaient des services que l’on qualifiera plus tard de cloud computing. Un client émergent a adopté OpenSolaris pour son infrastructure et a envisagé d’acheter du matériel Sun afin d’harmoniser logiciel et hardware.
Défaillance du support commercial
Le même client a décrit une interaction où Sun n’a pas répondu aux appels téléphoniques, et lorsqu’il a finalement été contacté, l’entreprise a proposé un produit inadapté. En contraste, le concurrent Dell a traité une demande similaire via un formulaire web en moins de 24 heures, le représentant local « Steve » ayant finalisé la location de serveurs uniquement sur la base des états financiers du client, sans garanties personnelles. Cette différence de réactivité a été détaillée dans le blog « The Sun Doesn’t Shine on Me », publié par la startup.
Conséquences pour l’écosystème OpenSolaris
Le manque de suivi commercial a freiné l’adoption d’OpenSolaris dans les projets cloud naissants. Les startups, qui recherchent une assistance rapide pour déployer des environnements à grande échelle, ont préféré des fournisseurs capables de garantir un support opérationnel immédiat. Le cas cité montre que même avec une offre logicielle ouverte, l’absence de processus de vente et de support peut rendre l’ensemble de la solution peu attractive.
Leçons tirées
Cette anecdote illustre que l’ouverture du code ne suffit pas à créer un écosystème viable ; il faut accompagner l’open source d’une chaîne de valeur capable de répondre aux exigences de service. Le modèle de Sun, centré sur la technologie mais négligeant les mécanismes de vente, a conduit à une perte de parts de marché face à des acteurs plus agiles. Les entreprises qui souhaitent exploiter l’open source doivent donc aligner leurs équipes commerciales, de support et de produit pour éviter que la « boredom with business mechanics » ne compromette la croissance.