Contexte juridique
Suno a été poursuivi par plusieurs majors du disque, dont Warner Music Group, Sony Music et Universal Music Group, pour usage non autorisé de catalogues protégés. Après un règlement avec Warner l’an passé et un accord avec BMG en septembre, l’entreprise a annoncé que la nouvelle génération v6 ne repose plus sur les données litigieuses qui alimentaient les versions antérieures. Cette décision intervient alors que la société a admis avoir exploité des vidéos YouTube pour entraîner ses modèles, ce qui a ravivé les contestations de droits d’auteur.
Architecture et variantes du modèle v6
Le portefeuille v6 comprend trois déclinaisons : Suno v6 (base), v6‑wild (expérimental) et v6‑mini (version allégée). Le modèle de base, réservé aux abonnés payants, est décrit comme « reliable and steerable », offrant un contrôle précis des sorties. v6‑wild vise la génération d’idées inattendues, tandis que v6‑mini privilégie la rapidité et est accessible à tous les utilisateurs. Tous sont entraînés exclusivement avec des enregistrements fournis par des labels partenaires (Warner, BMG, Believe), garantissant une source de données licite.
Fonctionnalités et contrôles d’utilisation
La suite v6 introduit la capacité d’éditer une portion d’une piste via texte ou mot-clé, ainsi que l’injection de références multimédias (texte, image, vidéo) pour guider la composition. Un outil de séparation d’instrument permet d’isoler un son d’un échantillon et de le réutiliser dans un nouveau beat. Suno prévoit également un programme de remix où les artistes, s’ils adhèrent, autorisent l’usage de leurs titres pour créer des dérivés IA. Un filigrane numérique sera ajouté aux morceaux générés, et les limites de téléchargement seront modulées selon le niveau d’abonnement.
Implications commerciales et limites
Le repositionnement technique s’accompagne d’une stratégie de monétisation : Suno mise sur des revenus partagés avec les ayants droit, comme l’indique le chief product officer Jack Brody. Malgré un financement cumulé de 819 millions de dollars, la société reste exposée à des litiges en cours (Sony, Universal, artiste Jason Isbell) et à des accusations de négligence sécuritaire. Le recours à des données sous licence réduit le risque juridique, mais la dépendance à des accords de label crée une barrière d’entrée pour d’autres créateurs. En outre, la mise en place du filigrane et des quotas de téléchargement pourrait limiter l’adoption par les utilisateurs cherchant une diffusion illimitée.