Présentation du formulaire et du projet Cybercab
Le jeudi 3 septembre, Tesla a publié un formulaire destiné aux entreprises souhaitant acquérir des flottes de Cybercab ou fournir les infrastructures nécessaires à son réseau. Ce document, diffusé avant l’événement Cybercab à Austin, constitue la première indication officielle que le constructeur envisage de sortir du modèle exclusivement interne de robotaxi. Le formulaire propose plusieurs options – achat de flottes, hubs de mobilité, collaboration événementielle ou « autre » – et indique que ces démarches « aident à construire notre réseau de robotaxis ». L’existence même du formulaire montre que Tesla prépare une stratégie d’expansion qui ne repose plus uniquement sur ses propres véhicules Model Y ou sur le prototype Cybercab.
Architecture technique du Cybercab et exigences d’infrastructure
Le Cybercab, présenté comme un véhicule autonome dédié, intègre le même hardware de conduite autonome que les modèles précédents, mais optimisé pour un usage intensif en flotte. Le système repose sur un processeur dédié, des capteurs LiDAR, radar et caméras, ainsi que sur le logiciel Full Self‑Driving (FSD) version 12, qui gère la perception, la planification et le contrôle en temps réel. Pour opérer à grande échelle, les opérateurs tiers devront installer des stations de charge haute puissance (jusqu’à 250 kW) et des points d’accès à la connectivité 5G afin de garantir la mise à jour continue du logiciel et la télémétrie. Le formulaire mentionne explicitement les « mobility hubs », qui sont susceptibles d’inclure ces équipements de charge et de communication, réduisant ainsi la dépendance à l’infrastructure Tesla existante.
Modèle économique et comparaison avec les acteurs du marché
Historiquement, Tesla a envisagé que les propriétaires de véhicules puissent monétiser leurs voitures via le réseau de partage, comme indiqué lors de l’Autonomy Day 2019. Le nouveau modèle, qui cible des entreprises, ressemble davantage aux accords de gestion de flotte signés par Waymo avec Moove, Avomo ou les groupes de location traditionnels tels qu’Avis et Hertz. Moove, par exemple, a levé 250 M$ à une valorisation de 2,1 B$ et gère déjà les flottes Waymo dans plusieurs villes américaines. En ouvrant son réseau à des tiers, Tesla pourrait accélérer la pénétration du marché sans financer l’ensemble du capital roulant, tout en percevant des frais d’accès au logiciel et à la plateforme de dispatch. Cette approche diffère du modèle purement propriétaire de Tesla, qui exploite actuellement une flotte interne de Model Y et de Cybercab.
Enjeux réglementaires et limites du déploiement
Elon Musk a déclaré en 2020 que les robotaxis autonomes seraient opérationnels l’an suivant, mais uniquement dans les juridictions où les autorisations seraient obtenues. Le formulaire ne précise pas les régions ciblées, ce qui laisse entendre que le déploiement dépendra de l’obtention de licences locales. De plus, la délégation de la gestion de flotte à des acteurs tiers introduit des variables de conformité supplémentaires : chaque opérateur devra garantir le respect des normes de sécurité fonctionnelle ISO 26262 et les exigences de cybersécurité du véhicule. L’absence de détails sur les critères de sélection des partenaires constitue une incertitude quant à la rapidité avec laquelle le réseau pourra s’étendre.