Présentation du nouveau CoCounsel
Thomson Reuters a lancé une version reconstruite de sa plateforme CoCounsel Tax, Audit & Accounting. Le produit, disponible immédiatement pour l’ensemble des clients américains, ne se contente plus de répondre à des questions ; il planifie des missions, effectue des calculs et génère des documents prêts à être révisés par des experts. Cette évolution vise à combler le fossé entre une réponse mathématiquement correcte et une réponse fiscalement pertinente, en imposant aux utilisateurs de vérifier chaque sortie avant approbation.
Architecture et flux de travail
Le cœur du système repose sur la base de données Checkpoint, qui regroupe plus de 12 millions de documents sources et d’analyses maintenus par des centaines d’experts. Plusieurs modèles d’IA sont mobilisés simultanément, et le protocole Model Context Protocol autorise l’interfaçage avec des outils tiers comme Claude d’Anthropic ou Copilot de Microsoft. Les agents d’IA accèdent uniquement aux fichiers explicitement autorisés par l’utilisateur, et l’accès Internet est restreint aux sites gouvernementaux approuvés, ce qui limite les vecteurs d’exposition externes. Un « client context layer » partagé conserve les documents téléchargés et les travaux terminés d’une conversation à l’autre, évitant ainsi la redondance d’informations.
Fonctionnalités démontrées et validation technique
Lors d’une démonstration, le responsable produit a utilisé CoCounsel pour transformer un contrat de prêt commercial et un modèle de feuille de calcul en un échéancier d’amortissement pour un financement de 5 millions de dollars. Le tableau généré intègre des formules actives, des hypothèses détaillées et des références aux règles fiscales applicables. L’utilisateur peut interroger chaque cellule pour obtenir une explication du calcul et de sa source. En parallèle, le système exécute des routines Python afin de recalculer les résultats et de vérifier leur exactitude, illustrant le principe « montrer le travail, c’est faire le travail ».
Analyse des impacts et limites opérationnelles
Le produit répond à une pénurie de personnel qualifié, les cabinets cherchant à réduire les embauches saisonnières tout en maintenant la qualité du service. Cependant, les dirigeants soulignent que l’utilité réelle dépend du temps nécessaire à la validation humaine : si la vérification consomme autant de temps que la production manuelle, l’IA n’apporte aucun gain d’efficacité. De plus, le système ne garantit pas la sélection de la règle fiscale correcte ; il fournit des citations et des hypothèses, mais la responsabilité finale reste à l’expert. Cette dépendance à la supervision humaine constitue une contrainte majeure, surtout dans des contextes où les règles évoluent rapidement.