Présentation du cas
Des comptes TikTok qui publiaient auparavant du contenu sur les manucures ou la mode ont commencé à promouvoir un politicien peu connu nommé Calin Georgescu avant l'élection présidentielle roumaine de 2024. Ses posts, qui exprimaient des opinions fermes sur l'immigration et des stéréotypes antisémites, ont été vus 120 millions de fois avant le vote.
Contexte technique
La chercheuse Adriana Iamnitchi, de l'Université de Maastricht, a demandé l'accès à l'API de TikTok pour étudier la monétisation du contenu pro-Georgescu. Cependant, sa demande a été rejetée car TikTok a estimé qu'elle n'avait pas prouvé son statut de chercheuse établie ou expliqué ses intérêts commerciaux, et qu'elle n'avait pas répondu aux exigences de sécurité.
Implications et limites
Deux mois plus tard, TikTok a identifié 116 000 comptes comme potentiellement compromis et a pris des mesures contre plus de 27 000 comptes fictifs dans un réseau coordonné géré par un fournisseur de services de « fake engagement ». TikTok a affirmé ne pas connaître l'opérateur de ce réseau ou son origine. Les renseignements roumains déclassifiés ont montré que Georgescu avait bénéficié d'une exposition massive et d'un traitement préférentiel de la part de TikTok, et que la Russie aurait coordonné la campagne en ligne pour l'élire.
Analyse scientifique
Il est important de noter que l'accès à l'API de TikTok est crucial pour les chercheurs qui étudient la désinformation en ligne. Le rejet de la demande d'Iamnitchi soulève des questions sur la transparence de TikTok et sa volonté de coopérer avec les chercheurs. Les implications de ce cas sont importantes, car elles mettent en lumière les risques potentiels de manipulation de l'information sur les plateformes de réseaux sociaux et la nécessité d'une régulation plus stricte pour prévenir ces abus.