Origine et acquisition

Turbo BASIC provient initialement de BASIC/Z, un compilateur interactif développé pour CP/M par Robert "Bob" Zale. En 1987, Borland achète le produit et le commercialise sous MS‑DOS. La version initiale, v1.0, est suivie d’une révision mineure v1.1, essentiellement un correctif de bugs. Après deux années de vente, Borland abandonne le produit et Zale rachète les droits pour poursuivre sous le nom PowerBASIC.

Architecture du compilateur

Contrairement aux interprètes comme GWBASIC, Turbo BASIC génère du code objet (.OBJ) puis le lie pour produire un exécutable (.EXE). Cette chaîne de compilation supprime la contrainte de 64 KB imposée aux fichiers .BAS de GWBASIC, limitant la taille uniquement par la mémoire disponible. L’IDE intégré propose une interface « Edit‑Compile‑Run », où l’utilisateur configure la gestion de la mémoire, les options d’optimisation et le mode d’exécution (en‑mémoire ou fichier exécutable). Le processus crée un fichier objet intermédiaire, ce qui facilite le débogage et la réutilisation de modules.

Compatibilité et extensions

Turbo BASIC assure une compatibilité d’environ 90 % avec les programmes écrits pour GWBASIC ou QBASIC, à condition que les fichiers source soient sauvegardés en mode ASCII (commande

SAVE "myprog",A
). En 1987, Borland lance trois « Turbo Toolboxes » : la Database Toolbox, qui introduit des entiers longs pour gérer plus de 2 milliards d’enregistrements et supporte les index B+ tree ainsi que l’import depuis ASCII, dBase et Reflex ; l’Editor Toolbox, un éditeur multi‑fenêtres RAM‑based offrant un accès rapide aux fichiers ; et la Telecom Toolbox, qui fournit des routines de communication asynchrone et de contrôle de ports. Chaque boîte était vendue à 99,95 $ et incluait le code source complet.

Impact et limites

Le modèle de compilation a permis aux développeurs DOS de créer des applications plus volumineuses et performantes que les interprètes classiques. La disponibilité d’un IDE intégré a réduit le temps de mise en place d’un environnement de développement, bien que la plupart des programmeurs de l’époque préféraient encore les éditeurs texte externes et la compilation en ligne de commande. La compatibilité partielle avec GWBASIC a limité la migration de projets existants, car certaines instructions spécifiques n’étaient pas supportées. Enfin, la courte durée de commercialisation (environ deux ans) a restreint la diffusion du produit, malgré les 80 000 exemplaires vendus en dix semaines.