Contexte du partenariat
Uber a officialisé en octobre 2026 une extension de son alliance avec le constructeur chinois Pony.ai, initiée en mai 2025 et d’abord centrée sur le Moyen‑Orient. L’accord prévoit le lancement de tests de robotaxis à Londres dans les semaines à venir, après le déploiement d’une flotte de 2 000 véhicules en Europe, dont le premier service public a été activé à Zagreb en août 2026 avec le partenaire local Verne. Uber mise sur ce modèle multi‑partenaires : il fournit l’accès à son réseau de mise en relation, tandis que Pony.ai fournit le système de conduite autonome et le véhicule Arcfox Alpha T5, développé conjointement avec le constructeur BAIC.
Architecture et technologie des robotaxis Gen‑7
Les robotaxis prévus pour Londres sont la génération 7 (Gen‑7) de Pony.ai. Cette version intègre une suite de capteurs LiDAR à 64 points, des caméras stéréo 4 K et un radar à ondes millimétriques, tous fédérés par une plateforme de perception basée sur le framework ROS 2 et un réseau de neurones convolutionnels entraînés sur plus de 10 milliards d’images de conduite. Le logiciel de décision utilise un système de planification en temps réel à 10 Hz, capable de recalculer la trajectoire en fonction des contraintes urbaines (zones à faibles émissions, feux tricolores, piétons). Le système de localisation emploie une cartographie HD mise à jour en continu via le cloud d’Uber, ce qui réduit la latence de synchronisation à moins de 30 ms. L’intégration avec l’API Uber permet de recevoir les demandes de course, d’estimer le temps d’attente et de facturer les trajets sans intervention humaine.
Déploiement prévu et enjeux opérationnels
Uber prévoit d’opérer des services autonomes dans jusqu’à 15 villes d’ici la fin 2026, réparties à parts égales entre les États‑Unis et l’international. À Londres, les tests débuteront sur des itinéraires limités dans le centre-ville, sous la supervision du régulateur Transport for London (TfL). Le principal défi technique réside dans la conformité aux exigences de sécurité de TfL, qui impose une redondance totale des systèmes de freinage et de commande de direction. De plus, la densité du trafic londonien impose une capacité de traitement de données supérieure à 2 GB/s par véhicule, ce qui nécessite une connectivité 5G fiable. Le modèle économique reste incertain : Uber n’a pas précisé qui possédera la flotte, et la répartition des revenus entre le service de mise en relation et le propriétaire du véhicule devra être négociée.
Implications pour le marché européen
Le lancement londonien s’inscrit dans une stratégie plus large où Uber collabore simultanément avec Wayve, une start‑up britannique qui a levé 1,2 milliard de dollars en février 2026, complété par un engagement conditionnel de 300 millions de dollars d’Uber. Cette double approche montre que la firme américaine ne mise pas sur un seul fournisseur de technologie autonome, mais sur un écosystème de partenaires pour couvrir différents scénarios de conduite (véhicules lourds, micro‑mobilité). En parallèle, Pony.ai poursuit son expansion en Europe et au Moyen‑Orient, déjà présent dans quatre villes chinoises et en négociation avec des autorités de transport au Qatar. Le succès ou l’échec du projet londonien influencera les décisions d’autres acteurs (Baidu, WeRide) qui ont signé des accords similaires à Dubaï, et pourrait accélérer l’adoption de normes communes de sécurité et de partage de données entre les plateformes de mobilité et les fournisseurs de logiciels autonomes.