Contexte du lancement
Uber a déployé le premier service commercial de robotaxis à Londres, devançant Waymo qui prévoyait une mise en service avant la fin de l'année. Le service utilise les véhicules autonomes développés par la startup britannique Wayve, intégrés dans l’application UberX, Uber Comfort et Uber Electric. Les premiers véhicules sont des Ford Mustang Mach‑E, avec un plan d’ajout futur de Nissan Leaf. Chaque voiture embarque un conducteur de sécurité licencié par Transport for London, présent au poste de conduite mais sans intervention active prévue, afin de faciliter la transition vers une flotte totalement autonome.
Architecture du système AV2.0
Wayve décrit son logiciel AV2.0 comme un « AI driver » unique, entraîné par apprentissage profond pour percevoir l’environnement, anticiper les risques et s’adapter à de nouveaux scénarios. Contrairement à l’approche AV1.0, qui repose sur des piles logicielles manuelles, des cartes HD et des règles codées, AV2.0 élimine la dépendance aux cartes haute définition et aux capteurs coûteux. La perception s’appuie uniquement sur des caméras et des radars, sans lidar, ce qui place Wayve dans la même catégorie que Tesla. Le système est déclaré « hardware‑agnostic », capable de fonctionner sur différents capteurs et puces, ce qui permet à des constructeurs variés d’intégrer la solution sans refonte matérielle majeure.
Analyse des impacts techniques et limites
Le choix d’une pile logicielle purement apprenante réduit les coûts d’infrastructure cartographique et simplifie le déploiement dans des zones non pré‑cartographiées, mais introduit une dépendance critique à la robustesse du modèle d’apprentissage. Sans lidar, la résolution de profondeur repose sur la fusion caméra‑radar, ce qui peut affecter la précision de la détection d’obstacles dans des conditions météorologiques défavorables. La présence de conducteurs de sécurité constitue une mesure de mitigation réglementaire, mais elle ne garantit pas la performance du système en situation de panne logicielle. Le financement de 1,2 milliard de dollars reçu par Wayve, incluant des investisseurs comme Nvidia et Stellantis, indique une capacité financière à itérer rapidement, mais la scalabilité reste conditionnée par la capacité du modèle à généraliser à l’ensemble du réseau routier londonien, qui comporte des zones à visibilité réduite et des règles de priorité complexes.