Contexte du retour en vol

United Launch Alliance (ULA) a annoncé que le lanceur Vulcan devrait décoller le 13 novembre, soit neuf mois après une anomalie survenue sur un propulseur solide. La mission de retour en vol transportera quarante satellites destinés à la constellation Amazon Leo, première étape d’une série de trente‑huit lancements prévus par Amazon. Le décollage est prévu depuis le Cape Canaveral Space Force Station, sous réserve d’une autorisation du contrôle de la zone de lancement.

Analyse de la défaillance du propulseur solide

Les deux premiers incidents, survenus lors des missions de février et d’une précédente date, concernaient des ruptures de la tuyère du propulseur solide. Dans les deux cas, le lanceur a poursuivi son vol et a atteint les objectifs orbitaux, mais l’incident a entraîné une perte de confiance de la part du US Space Force, principal client de ULA. La tuyère, composante critique du moteur à propergol solide, subit d’importantes contraintes thermiques et mécaniques pendant l’allumage. Une fissure ou un défaut de fabrication peut provoquer une perte de pression, modifiant le profil d’éjection des gaz et réduisant l’efficacité du propulseur.

Mesures d’atténuation et validation

Selon le communiqué d’ULA, les ingénieurs ont identifié plusieurs facteurs potentiels à l’origine de la défaillance et ont appliqué des améliorations de conception et de processus sur la tuyère. Les modifications portent sur le revêtement interne, destiné à résister aux gradients thermiques, et sur les procédures de contrôle qualité, incluant des inspections non destructives supplémentaires. Le lanceur de retour en vol utilisera cette version améliorée de la tuyère, tandis que des campagnes de test au sol et des analyses de données en temps réel seront menées parallèlement au vol. Ces actions visent à fournir des données de vol validant les corrections, sans recourir à des simulations exclusives.

Implications pour les lancements futurs

Le Pentagone a certifié le Vulcan pour les lancements de sécurité nationale dès 2025 et comptait sur ce lanceur pour environ la moitié de ses missions majeures jusqu’au début des années 2030. La suspension temporaire a perturbé le calendrier 2026, notamment les missions prévues pour les clients commerciaux et gouvernementaux. Un retour en vol réussi permettrait de rétablir le rythme de lancement prévu, notamment les trente‑huit vols réservés par Amazon, et de restaurer la confiance du Space Force. En revanche, une nouvelle anomalie pourrait entraîner une réévaluation de la certification du lanceur, affectant les capacités de lancement stratégique des États‑Unis.