Présentation

Anthony Sistilli, ingénieur logiciel canadien, a publié plusieurs vidéos TikTok montrant la fabrication d’une caméra de reconnaissance automatique de plaques d’immatriculation (ALPR) destinée à identifier les véhicules de police. Le projet, décrit comme « une caméra de surveillance personnelle de type Flock pour traquer les Flockers », a déclenché une visite de deux officiers de la Peel Regional Police à son domicile. Cette interaction met en lumière le contraste entre l’usage officiel de la technologie ALPR par les municipalités et la tentative citoyenne de l’inverser.

Fonctionnement de la caméra ALPR

La caméra repose sur les principes classiques de l’ALPR : un capteur d’image haute résolution capture les plaques, un algorithme de reconnaissance optique de caractères (OCR) extrait le texte, puis une base de données locale compare le résultat aux numéros de police connus. Sistilli a indiqué que le dispositif utilise les mêmes composants que les systèmes commerciaux de Flock, notamment des capteurs capables de fonctionner en conditions de faible luminosité et un processeur embarqué pour le traitement en temps réel. Le code, partagé dans ses vidéos, montre l’emploi de bibliothèques open‑source telles que OpenALPR, ce qui réduit le coût matériel tout en conservant une précision comparable aux solutions municipales.

Analyse des risques de confidentialité

Le recours à une ALPR « personnelle » crée un flux de données sensibles sans cadre de gouvernance. Les autorités de Peel ont investi 2 millions de dollars canadiens dans des caméras haute résolution dotées d’ALPR, mais la ville ne publie pas de politique claire sur la durée de conservation ou l’accès aux enregistrements. En reproduisant la même chaîne de traitement, Sistilli génère un registre capable de révéler les déplacements, les horaires de service et les lieux de résidence des policiers. Cette capacité de « profilage » s’appuie sur le fait que chaque plaque est liée à un individu, ce qui, selon les déclarations de l’officier présent, expose les agents à des menaces potentielles de la part de « bad apples ».

Réaction des forces de l’ordre et implications légales

Les officiers de Peel ont exprimé leur inquiétude quant à la divulgation publique de données de localisation, soulignant que la visibilité accrue pourrait compromettre la sécurité des agents. Aucun commentaire officiel n’a été fourni à Gizmodo, mais la visite indique une volonté d’interroger les intentions de l’auteur et, possiblement, de rappeler les limites légales liées à la collecte non autorisée d’informations d’identification. En l’absence de législation spécifique encadrant les caméras ALPR privées, le cas de Sistilli expose un vide juridique où la technologie dépasse les protections existantes, rappelant les controverses récurrentes autour des systèmes Flock déployés dans les municipalités.