Contexte de la décision

Le 15 avril 2026, Verisign a soumis à l’ICANN une proposition visant à détruire l’ensemble du troisième niveau de la zone ".name" afin de simplifier son administration. Cette proposition a été approuvée le 28 juillet 2026, comme le confirme le courriel reçu par le propriétaire du domaine neil.fraser.name. L’auteur, qui a enregistré ce domaine en 2001, souligne que le service était actif bien avant l’émergence de YouTube, Facebook ou des smartphones, et qu’il était prévu jusqu’en 2040.

Le plan de Verisign implique la suppression de tous les sous‑domaines de type xxx.yyy.name, ce qui affecte directement 22 000 titulaires de domaines tierces‑niveaux, dont le rédacteur.

Fonctionnement des domaines de troisième niveau

Dans la hiérarchie DNS, un domaine de troisième niveau se situe sous un domaine de deuxième niveau (yyy.name) et possède son propre enregistrement WHOIS, contrairement aux sous‑domaines vendus par des revendeurs comme *.uk.co. Le domaine ".name" a été créé spécifiquement pour cette architecture, chaque sous‑domaine étant enregistré auprès d’un registrar avec un enregistrement complet, similaire à *.ny.us ou *.co.uk. Cette structure garantit que chaque xxx.yyy.name possède une identité distincte et une résolution DNS autonome.

Lorsque Verisign a acquis Global Name Registry, le contrôle de la zone ".name" est passé de l’entité d’origine à Verisign, ce qui a suscité la méfiance du propriétaire du domaine en raison d’un historique de conflits avec Verisign.

Conséquences techniques et sécuritaires

La suppression programmée entraînera la disparition du site web, de l’adresse e‑mail neil@fraser.name et de tous les services IoT qui s’appuient sur ce domaine. Ces appareils deviendront inaccessibles, car leurs points de terminaison DNS ne résoudront plus. De plus, la libération du domaine de deuxième niveau fraser.name ouvrira la possibilité à un tiers de le réenregistrer, recréant ainsi neil.fraser.name. Un tel acteur pourrait alors intercepter les comptes liés à cette adresse, usurper des identités et exécuter du code malveillant en se faisant passer pour le propriétaire légitime.

Le risque d’hijack est amplifié par l’absence d’un mécanisme d’inventaire global des comptes associés à une adresse e‑mail vieille de plus de vingt‑cinq ans. Aucun registre central ne permet de recenser les services en ligne ou hors ligne qui utilisent neil@fraser.name, ce qui rend la mitigation pratiquement impossible.

Perspectives et limites

Le plan de Verisign repose sur une simplification administrative, mais il ignore les dépendances techniques accumulées sur plus d’un quart de siècle d’utilisation. La décision de l’ICANN, bien que légale, ne prévoit pas de procédure de migration ou de compensation pour les 22 000 utilisateurs affectés. En l’absence de mesures d’atténuation, les organisations devront réassigner leurs services à de nouveaux domaines, ce qui implique la mise à jour de certificats TLS, de configurations DNS et de listes de contrôle d’accès.

En résumé, la suppression du troisième niveau de la zone ".name" constitue une modification structurelle du DNS qui expose les titulaires à des pertes de service, à des risques d’usurpation d’identité et à des coûts de migration non négligeables, sans cadre de protection clairement défini.