Contexte et objectifs
Depuis 2024, Green Mountain Power (GMP) propose à ses clients un bail de dix ans pour deux batteries domestiques à 55 $ par mois. Plus de 5 500 foyers vermonters ont souscrit, dont 2 500 depuis 2023, après la levée d’un plafond réglementaire. Le programme vise à éliminer les coupures d’électricité d’ici 2030, objectif soutenu par l’enfouissement des lignes et, dans certains cas, la remise de batteries gratuites. Cette initiative s’inscrit dans une hausse des événements climatiques extrêmes – sept des dix tempêtes les plus coûteuses de l’histoire de GMP se sont produites au cours de la dernière décennie, générant plus de 225 M$ de dommages.
Fonctionnement du réseau virtuel
Les batteries installées chez les particuliers sont agrégées en une « virtual power plant » (VPP). Chaque unité conserve une réserve pour le propriétaire, mais GMP peut puiser dans la capacité collective pour équilibrer la charge du réseau, réduire la demande pendant les pics et compenser les pertes de production. Aux États‑Unis, les VPP totalisent plus de 40 GW, contre 600 GW de gaz naturel et 200 GW de charbon ; le DOE estime que 160 GW supplémentaires pourraient être activés d’ici 2030, soit 20 % du pic de demande national. Dans le cas de la famille Bladyka, la batterie assure deux jours d’autonomie si la consommation est limitée (lavage, vaisselle). Cette capacité d’autonomie locale se traduit par une résilience accrue, comparable à la réponse d’une centrale centrale traditionnelle mais avec des temps de mise en service quasi instantanés grâce à la communication IoT.
Analyse des impacts et limites
Le modèle économique du bail réduit le coût d’entrée (12 000 $ pour un groupe électrogène) et crée un flux de revenus récurrents pour GMP, tout en augmentant la flexibilité du réseau. Cependant, la dépendance à la disponibilité des batteries privées introduit des variables de performance : la durée de vie des cellules, la gestion de la réserve domestique et les comportements de consommation. De plus, la capacité totale du programme (environ 5 500 × 10 kWh ≈ 55 MWh) reste marginale face aux besoins de l’État, même si l’effet cumulé sur la stabilité du réseau est mesurable. Enfin, l’expansion du VPP nécessite une infrastructure de communication robuste et des protocoles de sécurité pour éviter les cyber‑attaques ciblant la commande à distance des batteries.