Contexte de l'événement
Vogue World Milan, cinquième édition du spectacle itinérant de Vogue, a présenté le segment intitulé The Age of Intelligence. Durant ce numéro, des robots humanoïdes fournis par la société chinoise Unitree ont défilé dans la Galleria, accompagnant le morceau L’Amour Toujours de Gigi D’Agostino. Les machines ont agité les bras, exécuté un lasso et n’ont porté aucune tenue vestimentaire. L’expression de Alessandro Michele, directeur créatif de Valentino, a rapidement été partagée sur les réseaux, symbolisant le malaise du public.
Caractéristiques techniques des robots Unitree
Les robots présentés sont décrits comme « humanoïdes », mais l’article ne fournit aucune donnée sur leurs degrés de liberté, leur poids ou leur puissance de calcul. Leur capacité à réaliser des gestes simples (vague, lasso) indique un contrôle de mouvement de base, probablement basé sur des servomoteurs préprogrammés. L’absence de vêtements et la chute fréquente signalées dans d’autres médias suggèrent une marge de stabilité limitée, typique des plateformes conçues pour la danse plutôt que pour le port de charges supplémentaires comme des tissus.
Unitree est davantage connue pour ses quadrupèdes, ce qui rend la transition vers un format humanoïde techniquement exigeante : le centre de masse doit être strictement contrôlé pour éviter les basculements. Le fait que les robots aient « falling and breaking » dans des reportages antérieurs confirme que les algorithmes de stabilisation ne sont pas encore robustes face à des environnements non structurés comme un podium.
Analyse de la réception et des limites perçues
Le public a jugé la performance « boring », en partie parce que les robots n’ont pas intégré d’éléments de mode (vêtements, accessoires) et ont offert une démonstration visuelle limitée. Le manque de données techniques dans le communiqué de Vogue empêche d’évaluer la pertinence de la technologie pour le secteur du design. De plus, la présence de sponsors tels que Meta Glasses et le soutien d’OpenAI a été perçue comme une tentative de visibilité pour les géants technologiques plutôt que comme une réelle avancée créative.
Des commentaires de fondateurs et de stratèges (Jason Johnson, Muna Ikedionwu) soulignent que les robots ne reflètent pas l’innovation actuelle dans le croisement mode‑technologie, où l’intelligence artificielle et la fabrication additive sont déjà exploitées pour créer des pièces sur‑mesure. L’utilisation d’une plateforme robotique générique, sans adaptation aux exigences esthétiques, montre une déconnexion entre les capacités techniques et les attentes du public de la mode.
Perspectives pour la mode technologique
Pour que les robots deviennent des vecteurs pertinents dans les défilés, il faudra améliorer la précision de la locomotion, intégrer des capteurs de force capables de supporter des tissus, et développer des interfaces de conception qui permettent aux créateurs de programmer des mouvements synchronisés avec les collections. Sans ces avancées, les démonstrations restent superficielles et risquent d’accentuer le scepticisme du public face à la « technologie de la mode ».