Contexte et enjeux
À l'approche du lancement prévu le 3 septembre du Cybercab de Tesla, Waymo a publié un billet de blog et une interview où il affirme que plus de 200 millions de miles réels parcourus par ses robotaxis démontrent la nécessité d’une combinaison de caméras, lidar et radar. L’entreprise opère environ 4 000 véhicules dans 14 villes américaines, réalisant 500 000 trajets payés chaque semaine. Cette expansion intervient alors que le marché du robotaxi, estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars, attire une concurrence où les architectures logicielles et les capteurs deviennent les principaux différenciateurs.
Approche technologique de Waymo
Waymo mise sur la redondance sensorielle : chaque véhicule intègre plusieurs caméras haute résolution, un lidar à 360° et un radar à ondes millimétriques. Cette architecture crée une « vue du monde » où les données brutes sont fusionnées en temps réel par le logiciel Waymo Driver, permettant de compenser les lacunes individuelles (par ex. la perte de visibilité en conditions de pluie pour les caméras). Le texte souligne que les systèmes purement end‑to‑end, qui convertissent directement les pixels en commandes de direction, présentent un risque de « boîte noire » et d’hallucinations, même avec des modèles comptant des trillions de paramètres.
Stratégie caméra‑seule de Tesla
Tesla persiste avec une approche « AI‑first » reposant uniquement sur des caméras et un réseau neuronal massif. Le Cybercab, présenté comme un véhicule de deux places sans volant ni pédales, vise une production de plus de 125 000 unités par an et a déjà été enregistré auprès du DMV du Texas. Malgré ces ambitions, Tesla n’a pas encore démontré une autonomie complète à grande échelle ; les essais antérieurs avec des Model Y modifiés restent limités à quelques villes du Texas et de la Floride, et les moniteurs de sécurité ont été retirés récemment, laissant incertain le calendrier de déploiement à grande échelle.
Implications pour le marché et les coûts
L’approche multi‑capteurs de Waymo implique des coûts matériels supérieurs, notamment l’achat de véhicules tiers (ex. Zeekr Ojai) et les taxes d’importation, ce qui alourdit le prix de chaque robotaxi. En revanche, la stratégie de Tesla repose sur la réduction du matériel au strict nécessaire, misant sur l’efficacité du logiciel pour compenser l’absence de lidar. Si le Cybercab réussit à opérer à l’échelle prévue, il pourrait offrir un avantage de prix substantiel, mais il devra d’abord prouver la fiabilité de son IA face aux défis climatiques, aux zones scolaires et aux situations d’urgence que Waymo rencontre quotidiennement.