Présentation du débat
Le co-PDG de Waymo, Dmitri Dolgov, a expliqué pourquoi les systèmes de conduite autonome basés uniquement sur des caméras ne peuvent pas atteindre une autonomie totale. Selon lui, les capteurs de type « faible sensibilité » atteignent un plafond de sécurité bien avant d'atteindre des performances supérieures à celles des humains.
Architecture et fonctionnement
Waymo utilise trois types de capteurs : les caméras, le lidar et le radar. Les caméras offrent une haute résolution et des couleurs, mais elles sont passives et leur efficacité diminue dans l'obscurité et les éblouissements. Le lidar mesure directement la structure 3D du monde, tandis que le radar perce les nuages de poussière, la pluie et la neige, et lit la vitesse directement avec l'effet Doppler. Les capteurs lidar et radar sont actifs, ce qui signifie qu'ils voient également bien dans l'obscurité totale ou dans un éblouissement direct.
Les capteurs lidar et radar sont utilisés pour compléter les caméras et offrir une vue du monde plus complète.
Implications et limites
La principale limite des systèmes de conduite autonome basés uniquement sur des caméras est leur incapacité à atteindre les derniers « neuf » de fiabilité. Selon Dolgov, la fiabilité vit sur une échelle exponentielle de « neuf », et chaque « neuf » supplémentaire nécessite environ dix fois plus d'efforts que le précédent. Cela signifie que les systèmes de conduite autonome basés uniquement sur des caméras peuvent atteindre un certain niveau de fiabilité, mais qu'ils ne pourront jamais atteindre le niveau de fiabilité requis pour une conduite autonome totale.
Comparaison avec Tesla
Tesla est l'une des entreprises qui mise sur les systèmes de conduite autonome basés uniquement sur des caméras. Cependant, les résultats de Tesla montrent que les systèmes de conduite autonome basés uniquement sur des caméras ont un taux d'accidents plus élevé que les conducteurs humains, même avec un moniteur de sécurité humain dans le siège avant. Waymo, en revanche, a atteint un taux d'accidents grave 94 % inférieur à celui des conducteurs humains, sur une distance de 220 millions de miles.