Contexte et cible
Le 8 et 9 octobre 2026, des drones ukrainiens ont touché deux des cinq centres de données de Yandex, le géant technologique russe souvent qualifié de « Google de Russie ». Les sites visés se trouvent dans les régions de Sasovo et de Kaluga. Cette opération s’inscrit dans une réponse directe aux attaques russes contre les centres de données ukrainiens, qui perturbent depuis fin septembre les services mobiles et Internet pour des milliers d’utilisateurs.
Mode d’emploi des drones
Selon Reuters, l’entreprise ukrainienne Firepoint a déployé ses drones FP‑1, classés « one‑way attack drones ». Ces appareils sont conçus pour un vol en ligne droite vers la cible, libérant une charge explosive ou un dispositif de neutralisation avant de s’écraser. Aucun système d’interception anti‑drone n’a été signalé sur les sites de Sasovo et Kaluga, ce qui a permis aux FP‑1 d’atteindre leurs objectifs avec une précision déclarée par le président Zelenskyy comme « haute précision ».
Impact sur l’infrastructure IA de Yandex
Le centre de Sasovo abritait deux des trois supercalculateurs dédiés à l’entraînement du modèle YandexGPT. La perte d’une moitié de la capacité de calcul a interrompu les cycles d’apprentissage, entraînant des retards visibles sur le chatbot et d’autres services en ligne. Les utilisateurs russes ont signalé des difficultés d’accès aux sites de streaming Ivi, à la plateforme bancaire T‑Bank, aux services de la compagnie ferroviaire d’État, ainsi qu’à plusieurs applications tierces (site de rencontre, agrégateur immobilier, plateforme d’auto‑édition et le site du club de football le plus titré du championnat). Aucun blessé n’a été déclaré parmi le personnel du centre.
Analyse des vulnérabilités et résilience
Ces frappes exposent la dépendance de Yandex à un nombre limité de sites physiques pour le calcul intensif. L’absence de redondance géographique pour les supercalculateurs signifie qu’une perte locale se traduit immédiatement par une dégradation de service. La protection anti‑drone, souvent basée sur des systèmes radar ou laser, n’était pas déployée, ce qui laisse les installations vulnérables aux attaques à basse altitude. Pour atténuer ce risque, Yandex pourrait envisager la diversification des clusters de calcul, le renforcement des périmètres anti‑aérien et la mise en place de sauvegardes logicielles capables de basculer les charges de travail vers des sites hors‑zone de conflit. Cependant, la situation géopolitique complique la mise en œuvre rapide de telles mesures.