Présentation du nouveau système d’étiquetage
YouTube Music a annoncé mercredi le déploiement d’un système d’étiquetage destiné à rendre visible aux auditeurs les morceaux dont la création implique une intelligence artificielle générative. L’étiquette apparaît directement sur la page du lecteur et, lorsqu’on clique dessus, elle fournit des précisions sur le rôle exact de l’IA, que ce soit au niveau de la composition ou de l’interprétation vocale. Cette fonctionnalité sera également disponible dans l’application YouTube classique, élargissant ainsi la portée du dispositif au-delà du seul service musical.
Mécanisme de classification et outils de détection
YouTube s’appuie sur des outils internes de détection pour repérer les contenus générés par IA et propose aux partenaires trois désignations : Fully Gen AI pour les titres entièrement produits par IA, Partly Gen AI lorsque des éléments générés sont mêlés à des performances humaines, et No Gen AI qui couvre les morceaux corrigés avec des logiciels de pitch‑correction comme Auto‑Tune. Les partenaires peuvent déclarer le statut de leurs productions via le tableau de bord YouTube, ce qui alimente le processus d’étiquetage automatisé.
Comparaison avec les approches concurrentes
Apple Music prévoit d’introduire, d’ici la fin de l’année, des balises « Made With AI » dans le cadre de son programme de transparence IA. Spotify utilise déjà des étiquettes similaires et a mis en place un filtre anti‑spam musical. Deezer, plus restrictif, signale recevoir près de 90 000 titres entièrement générés chaque jour, les exclut des recommandations algorithmiques et retient les royalties. TIDAL, de son côté, propose aux auditeurs de désactiver les morceaux identifiés comme purement IA et les exclut du calcul des droits d’auteur. YouTube se distingue en privilégiant la simple divulgation plutôt que le blocage systématique.
Implications pour les créateurs et les auditeurs
Le modèle de YouTube ne rend pas un titre inéligible à la monétisation uniquement parce qu’il comporte de l’IA, ce qui maintient la possibilité de revenus pour les artistes qui utilisent ces outils. En parallèle, la plateforme expérimente « Dream Track », un service qui permet à certains créateurs de générer des bandes‑sonores incluant des voix synthétisées d’artistes participants. Cette double approche – transparence obligatoire et expérimentation créative – crée un cadre où les auditeurs peuvent identifier rapidement l’implication de l’IA, tandis que les créateurs conservent la liberté de monétiser leurs productions, même lorsqu’elles reposent largement sur des modèles génératifs.