Contexte et ambition

Le directeur général Rodrigo Persico indique que la filiale d'Embraer, Atech, projette de doubler son chiffre d'affaires d'ici 2030. Cette ambition repose sur la croissance du marché des drones civils et des systèmes de gestion du trafic aérien non‑tripulé (UTM). L’entreprise, fondée dans les années 1980 et rachetée par Embraer il y a 17 ans, s’appuie sur son expérience en systèmes de mission critique pour pénétrer des marchés hors du Brésil, notamment en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

Persico souligne que la demande en solutions intégrant des données sensibles – caméras de surveillance, capteurs embarqués et flux de télémétrie – augmente rapidement, créant un besoin d’infrastructures numériques capables de transformer ces flux en informations traçables et fiables.

Architecture du contrôle UTM

Le produit UTM d’Atech s’inscrit dans le portefeuille de Gestion du Trafic Aérien (ATM). Il repose sur une architecture en couches : collecte de données brutes (radar, ADS‑B, capteurs IoT), agrégation via des bus de données sécurisés, et services de décision en temps réel. Bien que le communiqué ne précise pas les protocoles, les standards de l’ICAO et de l’ASTM (F3411, F3548) sont généralement adoptés pour assurer l’interopérabilité entre autorités nationales et opérateurs privés.

Le traitement des données implique des algorithmes de fusion sensorielle et de suivi de trajectoire, permettant d’identifier le pilote d’un drone, d’établir son profil de vol et de détecter des écarts par rapport aux plans pré‑définis. La sécurisation du flux repose sur des mécanismes de chiffrement de bout en bout et sur des environnements d’exécution certifiés, conformément aux exigences de systèmes de défense et de cybersécurité auxquels Atech participe, comme les exercices de l’OTAN.

Déploiements internationaux et contraintes opérationnelles

Les premières implémentations du système UTM ont été réalisées en Afrique du Sud, où Atech a intégré ses modules de gestion de trafic à l’infrastructure locale. D’autres exportations sont mentionnées pour l’Inde, le Paraguay et plusieurs pays d’Amérique latine, illustrant la capacité de l’entreprise à adapter ses solutions aux réglementations nationales tout en conservant une architecture commune.

Chaque déploiement nécessite une adaptation aux spécificités du spectre radio, aux exigences de latence (souvent < 200 ms pour le guidage de drones) et aux contraintes de souveraineté des données. Le fait qu’Atech participe aux exercices cyber de l’OTAN indique une attention particulière portée à la résilience contre les attaques ciblant les flux de données aéronautiques.

Perspectives et limites

Le plan d’expansion mentionne également les véhicules électriques à décollage et atterrissage vertical (eVTOL) et le concept de « last‑mile » pour la livraison par drones. L’intégration de ces nouveaux acteurs augmentera le volume de trafic et exigera une mise à l’échelle des serveurs de décision, ainsi que des mécanismes de priorisation des flux critiques.

En l’absence de données chiffrées sur la capacité de traitement ou sur les performances des algorithmes, l’évaluation reste qualitative. La réussite de la stratégie dépendra de la capacité d’Atech à maintenir la conformité aux standards internationaux tout en garantissant la sécurité des données dans des environnements réglementaires hétérogènes.