Contexte et financement
Bedrock Robotics Inc. a clôturé une levée de fonds de 600 millions de dollars, menée par CapitalG d’Alphabet et Emergence Capital, avec la participation de Nvidia, Bessemer et d’autres investisseurs. Cette injection porte la valorisation de l’entreprise à près d’un milliard de dollars. Le financement vise à accélérer la commercialisation du Bedrock Operator et à créer une infrastructure de service sur le terrain.
Architecture du Bedrock Operator
Le Bedrock Operator est un module d’autonomie installé dans la cabine du conducteur. Il s’appuie sur un processeur Nvidia, très probablement le Jetson AGX Orin, conçu pour résister à des températures élevées et aux vibrations du chantier. Le module exécute les modèles d’intelligence artificielle qui détectent les obstacles et planifient les trajectoires de l’excavateur.
Fusion capteur et gestion de la navigation
Le système intègre une suite de capteurs placée sur le toit de la cabine : huit caméras et un lidar capable de fonctionner en conditions de faible luminosité. Ces flux visuels sont combinés à un unité de mesure inertielle (IMU) contenant un magnétomètre et d’autres capteurs de mouvement. L’IMU fournit l’orientation de la machine, ce qui permet de corriger les erreurs du GPS lorsqu’un bâtiment bloque la ligne de vue ou que l’antenne est inclinée sur terrain accidenté. La correction se fait en temps réel grâce à un algorithme de fusion de données qui pondère les mesures GPS, IMU et perception visuelle.
Déploiement et perspectives
Après avoir commencé à réaliser des travaux rémunérés sur des chantiers commerciaux, Bedrock prévoit d’étendre la technologie à d’autres engins de chantier. Le capital levé servira à installer davantage de modules, à former des équipes de maintenance et à développer des procédures de mise à jour logicielle à distance. La dépendance à un accélérateur Nvidia et à un capteur lidar implique des contraintes d’approvisionnement, mais elle garantit une puissance de calcul suffisante pour les modèles de deep learning embarqués. À moyen terme, la société devra gérer la variabilité des environnements de chantier, notamment les interférences électromagnétiques qui peuvent affecter le magnétomètre, et assurer la robustesse du système face aux vibrations prolongées.