Contexte et données chiffrées

Selon le think‑tank britannique Ember, la production d’électricité solaire a dépassé celle du parc nucléaire mondial en 2025. L’analyse de BBC montre que, à la mi‑2026, le solaire génère 13 % d’électricité de plus que le nucléaire. En 2000, la production nucléaire était stable, tandis que le solaire a progressé d’un facteur d’environ 2 700, atteignant près de 10 % du mix énergétique mondial prévu pour 2026, contre 1 % il y a dix ans.

La Chine reste le premier producteur, mais les États‑Unis occupent la deuxième place, avec une capacité suffisante pour alimenter plus d’un tiers des foyers américains. Au Pakistan, la part du solaire est passée de moins de 2 % en 2019 à 24 % en 2026, illustrant l’impact des tarifs élevés du diesel et des importations chinoises de panneaux.

Mécanismes de réduction des coûts

Le coût unitaire d’un panneau photovoltaïque est tombé sous les 100 $ (environ 75 £) dès 2023‑24, ce qui, selon Dave Jones d’Ember, rend le solaire « offensivement cheap ». Cette baisse résulte d’une amélioration de l’efficacité des cellules, d’une réduction de la consommation de silicium et d’argent, et d’une chaîne d’approvisionnement optimisée. Un panneau installé peut fournir de l’électricité pendant 30 à 40 ans sans apport énergétique supplémentaire.

Les bénéfices économiques indirects sont également quantifiés : aux États‑Unis, la hausse de la production solaire et éolienne aurait généré 249 milliards de dollars de bénéfices climatiques et sanitaires entre 2019 et 2022.

Rôle du stockage et limites actuelles

Le couplage solaire‑batterie a atteint une compétitivité supérieure à celle des nouvelles centrales fossiles dans les régions ensoleillées. En Californie, la combinaison solaire‑stockage a couvert plus d’un quart de la demande entre 19 h et 21 h pendant le premier semestre 2026. Des projets similaires se développent au Vermont, où des systèmes domestiques intégrés sont déployés à grande échelle.

Malgré ces avancées, le stockage saisonnier reste limité. Les batteries actuelles assurent le décalage quotidien, mais les périodes prolongées de nuages, de moussons ou de faible irradiation nécessitent des solutions de stockage à plus long terme, ce qui constitue le principal frein à une intégration totale du solaire dans le réseau.

Perspectives et défis

Le solaire est désormais le principal moteur de la croissance de la demande électrique, représentant trois quarts de l’augmentation mondiale en 2025, dépassant même l’éolien. Cependant, la rapidité d’électrification des secteurs (transport, chauffage) crée une pression supplémentaire sur les réseaux, qui doivent être renforcés pour absorber des charges variables sans perte de stabilité.

Les analystes soulignent que la prochaine étape dépendra de la capacité à développer des solutions de stockage longue durée et à moderniser les infrastructures de distribution. Sans ces évolutions, la part du solaire pourrait stagner malgré la baisse continue des coûts des panneaux.