Contexte et décision du CGPM
La résolution 5 adoptée lors de la 28ᵉ réunion du CGPM en 2026 fixe la continuité de l'heure universelle coordonnée (UTC) à compter du 20 mai 2027. Elle précise que la valeur maximale autorisée pour la différence absolue |UT1‑UTC| sera portée à 3 600 secondes (une heure), afin de garantir la continuité du temps civil pendant plusieurs siècles. Cette mesure prolonge la décision de la résolution 4 de 2022, qui prévoyait d'augmenter ce seuil avant 2035.
Mécanisme de continuité et seuil |UT1‑UTC|
UTC reste synchronisé avec le Temps Atomique International (TAI) à un taux identique, différant uniquement par un nombre entier de secondes. Le paramètre |UT1‑UTC| reflète l'écart entre UTC et le temps basé sur la rotation terrestre (UT1). En fixant le plafond à 3 600 s, les concepteurs de systèmes critiques – transport, énergie, télécommunications, projets spatiaux – peuvent coder des limites fixes dans leurs logiciels, sans devoir prévoir de futures insertions de secondes intercalaires.
Risques liés aux secondes intercalaires négatives
Un atelier CCTF‑IERS de mars 2025 a estimé que la probabilité d'une seconde intercalaire négative atteindrait 30 % d'ici 2035. Aucun tel événement n'a encore été appliqué, mais les études indiquent un risque élevé d'anomalies pour les infrastructures qui ne sont pas préparées. L'essor de l'IoT, des réseaux de capteurs distribués et des smart‑grids augmente la sensibilité aux sauts de temps, car même un décalage d'une seconde peut désynchroniser des processus de contrôle en temps réel.
Mise en œuvre et coordination internationale
Le BIPM poursuivra sa collaboration avec l'Union internationale des télécommunications (ITU‑R), l'International Earth Rotation and Reference Systems Service (IERS) et d'autres organismes (IAU, IUGG, NMIs). La diffusion du nouveau seuil |UT1‑UTC| sera assurée via les messages de navigation GNSS et les services internet de l'IERS. La résolution 655 (REV.WRC‑23) de l'ITU‑R prévoit une période de transition autorisant la diffusion du dépassement du seuil jusqu'à 2035, voire 2040 si le remplacement d'équipements existants n'est pas possible. Des groupes comme IEEE 1588, ITU‑T et URSI ont soumis des déclarations formelles demandant l'adoption d'un UTC continu afin d'éviter les incohérences de synchronisation entre systèmes.