Contexte et décision de réduction

En novembre 2026, Canva a annoncé la suppression de 22 % de ses effectifs, soit 1 271 employés. Le co‑fondateur et PDG Melanie Perkins a précisé que la société connaît un ralentissement de sa croissance pour la première fois en dix ans, ce qui a conduit à réviser la prévision de croissance du chiffre d’affaires de 30 % à 20 %. Cette révision a également entraîné une réduction de la valorisation de l’entreprise, estimée à 35 milliards de dollars par les investisseurs.

Réorganisation opérationnelle

Pour limiter les frictions de communication, Canva fusionne ses équipes produit, croissance et plateforme, tout en diminuant la « sub‑spécialisation ». Les salariés concernés devront ainsi assumer davantage de responsabilités, un choix qui vise à réduire les silos fonctionnels. Parallèlement, l’entreprise impose un modèle hybride, demandant aux employés de travailler depuis les bureaux quelques jours par semaine, afin d’améliorer la coordination interne.

Déploiement interne d'IA et contraintes financières

Canva a développé ses propres modèles d’intelligence artificielle afin de diminuer la dépendance aux services tiers comme ceux d’OpenAI. Cette stratégie, bien que technique, a entraîné une augmentation significative des dépenses d’infrastructure : les coûts de GPU et de stockage ont gonflé les dépenses opérationnelles, justifiant la révision à la baisse du taux de croissance prévu. Le passage à des modèles internes implique également des exigences de formation continue, de mise à jour des poids et de gestion de la latence, ce qui complexifie la chaîne de production des images générées.

Pression concurrentielle et perspectives

Le marché du design assisté par IA s’intensifie avec l’émergence de startups spécialisées et de grands modèles de langage multimodaux tels que ChatGPT et Gemini, capables de créer des visuels à la volée. Ces solutions offrent des API prêtes à l’emploi, réduisant le besoin d’infrastructure interne pour les utilisateurs. Canva doit donc concilier son ambition de contrôle technologique avec la nécessité de rester compétitif sur les coûts et la rapidité de mise à jour des modèles, sous peine de perdre des parts de marché face à des acteurs plus agiles.