Présentation

CorridorKey 2.0 (CK2.0) est le plugin de keying développé par Corridor Digital pour les environnements VFX. Disponible pour Resolve, Nuke, After Effects, Premiere Pro et Blender, il s’installe localement sur Windows ou sur les Mac M‑series sous macOS 14+. La licence est à achat unique, valable sur deux machines, avec mises à jour à vie sur la branche 2.x. La version 2.0.0.146 introduit les plug‑ins After Effects et Premiere, en plus du standalone, de l’OpenFX et de l’add‑on Blender.

Fonctionnement technique

CK2.0 repose sur un modèle d’apprentissage profond entraîné par Zachary Harris pour prédire la couleur des objets semi‑transparents. Le réseau analyse chaque pixel du fond vert ou bleu et estime la contribution chromatique du sujet, ce qui permet de récupérer des détails fins comme les cheveux ou le flou de mouvement. La fonction time awareness étend l’inférence à l’ensemble du clip : le modèle traite la séquence vidéo complète, éliminant le scintillement et le chatter des mattes causés par la compression ou le bruit. Cette approche temporelle nécessite davantage de mémoire GPU ; la configuration minimale indique 4 GB pour du 1440p et 6 GB pour du 4K, avec un GPU NVIDIA RTX 30 series recommandé (RTX 20 series en phase bêta). Le pipeline utilise les capacités CUDA des cartes RTX pour accélérer le calcul, d’où l’absence de support AMD ou Linux à ce jour.

Analyse des performances et limites

Dans le cadre de la production Son of a Dungeon, plus de 400 plans ont été traités avec CK2.0, démontrant une capacité à gérer du 4K HDR en profondeur de couleur flottante sans introduire de flicker. Le processus « one‑click » se limite à l’application du nœud, mais l’utilisateur peut affiner le résultat via un AlphaHint : une image ou une séquence noir‑blanc qui guide le modèle sur les zones à conserver ou à exclure. Cette interaction réduit le besoin de masques manuels, mais elle reste indispensable pour des scènes très complexes où le réseau peut confondre le sujet avec le fond.

Les contraintes matérielles constituent la principale limitation. Les exigences CUDA excluent les stations de travail équipées de GPU AMD, et les Mac Intel ne sont plus supportés. De plus, la mémoire vidéo impose un plafond pratique : au‑delà de 6 GB, le traitement 4K peut nécessiter le découpage du clip ou le recours à la version bêta RTX 20, dont la stabilité n’est pas encore entièrement validée. Aucun benchmark chiffré n’est fourni par le fabricant, ce qui empêche une comparaison objective avec des solutions concurrentes comme Blackmagic Design Fusion ou DaVinci Resolve Keyer.

Implications pour la chaîne de production VFX

En automatisant la séparation du sujet et du fond, CK2.0 réduit le temps de rotoscopie et le nombre d’itérations de masquage, ce qui peut raccourcir les délais de post‑production. Cependant, l’obligation d’un GPU RTX et d’un système Windows 11 ou macOS 14 limite son adoption dans les studios qui standardisent Linux ou des stations AMD. Le modèle propriétaire, non open‑source, empêche l’audit de sécurité ou l’adaptation aux flux de travail spécifiques. En résumé, CorridorKey 2.0 offre une solution puissante pour les pipelines Windows/macOS équipés de RTX, mais son impact dépendra de la capacité des studios à aligner leurs infrastructures matérielles avec les exigences du plugin.