Contexte et demande des utilisateurs
Deezer a annoncé le développement d’un interrupteur permettant de masquer les titres, albums et artistes créés par intelligence artificielle. Cette décision s’appuie sur une enquête interne réalisée l’an passé, où 45 % des abonnés ont exprimé le souhait de pouvoir retirer ce type de contenu de leurs flux. Le CEO Alexis Lanternier a souligné que la prolifération de la musique IA constituait un facteur déclenchant pour ce nouveau contrôle.
Mécanisme du filtre et données d’upload
Le futur bouton, prévu avant la fin de l’année, désactivera l’affichage des pistes identifiées comme IA dans les résultats de recherche. Deezer utilise depuis un an des outils de détection d’IA, dont les statistiques sont publiées régulièrement. Au moment du lancement de ces outils, les morceaux générés par IA représentaient 10 % des téléchargements quotidiens. En juillet, la proportion a dépassé la moitié, avec plus de 50 % des 90 000 titres ajoutés chaque jour provenant d’algorithmes. Ces chiffres illustrent une croissance rapide du volume de contenus non humains, justifiant la mise en place du filtre.
Comparaison avec les politiques concurrentes
Le positionnement de Deezer se différencie des stratégies adoptées par d’autres services de streaming. Bandcamp a choisi d’interdire totalement les morceaux IA, tandis que Tidal a retiré la monétisation des uploads IA. Spotify, à l’inverse, se limite à un marquage plus visible des titres et artistes concernés. Apple Music, selon un rapport de Variety en août, prévoit d’étiqueter les pistes IA d’ici la fin de l’année, mais ne mentionne pas de mécanisme de filtrage actif. Ainsi, Deezer se place parmi les plateformes offrant un contrôle direct à l’utilisateur, sans recourir à la suppression ou à la simple annotation.
Implications et limites
Le filtre proposé repose sur la précision des algorithmes de détection internes. Une marge d’erreur pourrait entraîner le masquage de morceaux humains ou, à l’inverse, laisser passer des créations IA non reconnues. De plus, la disponibilité du bouton avant la fin de l’année implique une phase de test et d’ajustement, pendant laquelle les retours des utilisateurs seront essentiels pour calibrer les seuils de sensibilité. Enfin, la mesure ne s’applique qu’à la visibilité dans les recherches ; les playlists déjà créées ou les partages externes pourraient toujours contenir du contenu IA, limitant l’impact global du contrôle.