Contexte et enjeux de la souveraineté IA

Deliverance AI positionne le contrôle souverain de l'intelligence artificielle comme un facteur de continuité d'activité. Selon Mick McNeil, PDG de la société, la valeur réside davantage dans la couche qui gouverne les modèles que dans le choix même du modèle. Cette approche répond aux exigences des secteurs réglementés (gouvernement, défense, pharmaceutique, services financiers) qui doivent limiter les flux de données hors des frontières nationales et maîtriser le comportement des agents autonomes.

Architecture du plan de contrôle et des mécanismes de gouvernance

Le plan de contrôle de Deliverance observe l'activité des agents, applique des politiques, conserve des traces d'audit et intègre un bouton d'arrêt (kill switch). La solution s'appuie sur un partenariat avec HPE : le déploiement inclut stockage, réseau, GPU et logiciel complet, installé directement dans le centre de données du client. Cette implantation locale permet à l'organisation de posséder la frontière technique autour du système agentique, garantissant ainsi la visibilité sur la télémétrie entrante et sortante.

Les exigences varient : certains clients exigent des déploiements air‑gapped, d'autres acceptent des connexions externes limitées. Deliverance précise que les clés d’infrastructure et le logiciel sont détenus par le client, ce qui rend la relation de confiance explicite.

Gestion des modèles et continuité opérationnelle

La technologie de routage de Deliverance supporte à la fois les modèles « frontier » (propriétaires) et les modèles open‑source. En souscrivant à la plateforme (système d'exploitation et plan de contrôle), l’entreprise peut déployer n'importe quel modèle et prévoir des alternatives : si un modèle propriétaire devient indisponible, le workflow bascule vers un modèle open‑source équivalent, voire vers un autre modèle open‑source si le premier était déjà open‑source. Cette capacité de repli vise à réduire les interruptions liées à des restrictions d’accès aux fournisseurs.

Les actifs conservés par le client comprennent les agents, les intégrations, les journaux d’audit et les apprentissages accumulés. La portabilité des agents est reconnue, mais le marché ne propose pas encore de cadre standardisé permettant le transfert entre plateformes différentes.

Limites et perspectives d’interopérabilité

Le principal défi identifié réside dans l'absence d'un cadre d'interopérabilité pour les agents. Bien que Deliverance affirme être en avance sur la réflexion, le transfert d'actifs entre solutions concurrentes reste une problématique non résolue. De plus, la dépendance à l'infrastructure HPE (Private Cloud AI co‑développé avec Nvidia) implique que la souveraineté technique repose partiellement sur un fournisseur unique, ce qui peut limiter les options pour les organisations cherchant à diversifier leurs fournisseurs.

Sur le plan économique, le modèle d'abonnement associe le routage des modèles à la gestion des coûts : chaque charge de travail se voit attribuer un modèle dont les performances et le prix correspondent aux exigences du processus. Deliverance mesure l'impact en distinguant les gains de productivité des résultats financiers, ce qui permet d'articuler le contrôle souverain à des indicateurs de rentabilité.