Contexte commercial et design

La Luce représente le premier véhicule électrique de Ferrari, conçu par Jony Ive, ancien directeur du design d’Apple. L’annonce en mai a suscité de vives critiques, entraînant une baisse du cours de l’action, mais le positionnement tarifaire à environ 615 000 $ a maintenu un profil premium. Le modèle, cinq places, cible une clientèle ultra‑haut de gamme, sans segmentation géographique clairement définie selon le PDG Benedetto Vigna.

Production prévue et allocation

Pour l’exercice 2027, Ferrari a déclaré que la production de la Luce était « fully allocated », c’est‑à‑dire que chaque unité prévue possède déjà un acheteur. Le nombre exact d’unités n’est pas communiqué, mais le Financial Times indique que Ferrari visait un peu moins de 500 véhicules pour l’année en cours et un objectif à long terme de 2 500 unités d’ici 2030, soit environ 600 véhicules par an. Cette stratégie d’allocation anticipée crée un délai d’attente d’environ un an pour les nouveaux acheteurs.

Effet sur les revenus et la rentabilité

Le troisième trimestre 2026 montre une hausse de 7 % du chiffre d’affaires à 1,9 milliard d’euros, portée en partie par les personnalisations, qui représentent plus de 21 % des revenus liés aux voitures et pièces détachées. Le bénéfice net a progressé de 13 % à 431 millions d’euros, tandis que la marge opérationnelle s’établit à 29,7 %, soit près de 30 cents de profit pour chaque euro de revenu. Ferrari a revu à la hausse ses prévisions annuelles, annonçant un bénéfice ajusté d’au moins 3 milliards d’euros contre 2,97 milliards précédemment.

Analyse des limites et perspectives

Le principal point d’incertitude demeure le volume réel de production de la Luce, non divulgué par le constructeur. Sans données précises, il est difficile d’évaluer l’impact marginal de ce modèle sur la marge globale, surtout que la part des personnalisations reste la principale source de profitabilité. De plus, la dépendance à une clientèle très restreinte expose Ferrari à des fluctuations de demande liées à la conjoncture économique ou à l’évolution des préférences en matière d’électrification. Enfin, l’absence de transparence sur la répartition géographique des acheteurs empêche d’anticiper d’éventuels déséquilibres de chaîne d’approvisionnement ou de service après‑vente.