Contexte et enjeux de la mise hors service
Le 30 septembre 2026, Figure a annoncé la décommission de la flotte F.02, première série de robots déployée chez BMW et utilisée pour les tâches ménagères et logistiques. Chaque unité intègre des actionneurs conçus sur mesure et des batteries lithium‑ion, ce qui rend la récupération de la propriété intellectuelle difficile. Le démontage manuel aurait mobilisé l’ensemble du personnel technique, retardant le lancement du modèle suivant, le F.04. La société a donc cherché une méthode de destruction qui protège à la fois les composants propriétaires et les données embarquées.
Architecture de la solution de désactivation
Figure a développé un modèle d’intelligence artificielle en simulation capable de piloter les robots pour sauter depuis le deuxième étage du campus de San Jose vers un seau de métal en fusion. Le processus d’entraînement a utilisé des mouvements de cascadeurs comme référence, puis a été validé sur des airbags géants avant l’exécution réelle. Le site de fusion choisi se trouve à Imatra, en Finlande, où un four à arc électrique de 75 tonnes, alimenté par trois électrodes en graphite, fait fondre la ferraille. La fenêtre opérationnelle était de 24 heures, répartie sur six fusions, chaque fusion offrant seulement 20 minutes avant que le métal ne se solidifie en croûte. Malgré les champs électromagnétiques intenses et les températures supérieures à 1500 °C, les politiques d’IA embarquées ont fonctionné sans interruption, même lorsque les caméras et autres capteurs ont échoué.
Analyse des impacts et limites
Le métal récupéré a été transporté aux États-Unis et usiné en une série limitée d’artefacts commémoratifs, préservant ainsi une partie de l’histoire de Figure dans un format compact. La plupart des robots F.02 ont disparu, quelques exemplaires restant en stockage au siège. Cette méthode de mise hors service montre la viabilité d’une destruction automatisée à grande échelle, mais elle dépend de contraintes logistiques strictes : disponibilité d’un four à arc capable de 75 tonnes, accès à une zone où les batteries lithium‑ion peuvent être introduites sans risque d’explosion, et une coordination précise entre la simulation IA et le timing de la fusion. Le recours à une tierce partie située en Finlande illustre également les limites géographiques et réglementaires liées au traitement de matériels contenant des composants sensibles. Enfin, l’absence de données publiques sur les coûts exacts ou les émissions associées empêche une évaluation complète de la durabilité environnementale de cette approche.