Déclarations du PDG
Lors de TechCrunch Disrupt, Garrett Langley, co‑fondateur de Flock, a déclaré que le système d’audio de l’entreprise « écoute uniquement les coups de feu ». Il a précisé que, si aucun tir n’est détecté, le dispositif ne capte aucun autre son. Cette affirmation contraste avec les informations publiées sur le site officiel, qui mentionnent la détection d’incendies d’artifice, de collisions automobiles et d’autres événements bruyants.
Capacités techniques annoncées
Le site de Flock indique que ses capteurs audio peuvent identifier instantanément les tirs, les feux d’artifice, les « sideshows » et les accidents graves, en s’appuyant sur une « bibliothèque de détection » en évolution. La même page précise que la technologie ne doit pas analyser les conversations humaines, ni détecter les cris ou la détresse, après que des groupes de défense de la vie privée aient critiqué une version antérieure du produit. La société a retiré la fonction de détection de détresse suite à ces critiques.
Analyse des limites et des enjeux de confidentialité
Les déclarations de Langley sont confrontées à plusieurs points de friction. Premièrement, la capacité à reconnaître des sons comme les feux d’artifice ou les collisions implique l’utilisation d’algorithmes de classification acoustique capables de différencier des signatures sonores très proches, ce qui augmente le risque de faux positifs. Deuxièmement, la collecte continue d’audio ambiant dans les quartiers soulève des questions de surveillance de masse, même si le traitement se limite à la reconnaissance d’événements spécifiques. Des organisations telles que l’ACLU et des manifestants à San Francisco ont dénoncé le potentiel d’abus, et plusieurs municipalités – Texas et Floride – ont déjà rompu leurs contrats avec Flock. De plus, le partenariat avec Ring a été interrompu, indiquant une pression commerciale liée aux préoccupations de confidentialité.
Comparaison avec les solutions concurrentes
Langley a comparé le réseau de microphones de Flock à celui de ShotSpotter, qui comptait environ 25 000 capteurs en 2024 selon Wired. Cette comparaison suggère une échelle similaire, mais la documentation de Flock ne précise pas le nombre exact de ses unités. ShotSpotter se concentre exclusivement sur les tirs, tandis que Flock prétend offrir une gamme plus large d’événements détectables, ce qui implique une architecture logicielle plus complexe et potentiellement plus de points d’entrée pour des vulnérabilités. L’absence de données publiques détaillées sur la latence de détection, le taux de précision ou les exigences de bande passante rend difficile une évaluation objective de la supériorité technique de Flock.