Contexte juridique et factuel

Tyler Murkerson, entrepreneur géorgien, a intenté une action contre Flock et le bureau du shérif du comté de Coweta, alléguant que le système de reconnaissance automatique de plaques d’immatriculation (ALPR) a été employé pour le suivre sans mandat. Le plaignant affirme que, depuis le dépôt d’une plainte pour usage excessif de la force en septembre 2024, son véhicule a fait l’objet d’une vingtaine de recherches dans la base de données Flock, chaque recherche étant accompagnée d’une justification non liée à une enquête officielle.

Fonctionnement technique du système Flock

Le produit Flock intègre des caméras ALPR capables de capturer les plaques à distance et de les transmettre à un serveur central où elles sont indexées. Les agents saisissent une requête via une interface web ; la requête comporte un champ texte libre destiné à contenir le motif de la recherche. Selon la plainte du 8 octobre 2026, le champ a accepté des entrées telles que « info », « 37 », voire « hehehe », sans aucune validation de code d’enquête ou de référence légale. Le serveur exécute alors la recherche et renvoie les images correspondantes, créant ainsi un enregistrement de suivi sans justification vérifiable.

Analyse des risques et mesures correctives

Cette architecture expose deux vulnérabilités majeures. Premièrement, l’absence de contrainte sur le champ de justification empêche la mise en place d’un audit fiable, ce qui rend chaque recherche potentiellement non conforme au Quatrième Amendement et à la législation géorgienne. Deuxièmement, le modèle de données centralisé, où chaque plaque est stockée indéfiniment, augmente le risque de collecte massive et de corrélation de déplacements individuels. En août 2026, Flock a annoncé qu’il imposerait l’usage de « case codes » pour toutes les recherches d’ici la fin de l’année, une mesure visant à obliger les agents à fournir un identifiant d’enquête vérifiable avant l’exécution de la requête. Cette modification technique introduira une validation côté serveur, limitant les entrées libres et créant un journal d’audit exploitable en cas de contestation. Cependant, l’efficacité de ce correctif dépendra de la discipline opérationnelle des services de police et de la capacité des auditeurs à détecter les contournements. Le fait que trois employés du bureau du shérif aient démissionné avant la fin de l’audit indique une possible résistance interne à la mise en conformité. Enfin, la perte de plusieurs centaines d’agences clientes, mentionnée dans l’article, montre que le problème dépasse le cadre juridique et touche la confiance du marché dans les solutions ALPR sans garde-fous intégrés.

Justification saisie : "info"
Justification saisie : "hehehe"