Présentation du Fathom

Ford a annoncé le Fathom, un pick‑up électrique dont le prix cible se situe juste en dessous de 30 000 $. Le véhicule doit être commercialisé l’an prochain et se positionne comme une alternative abordable aux modèles haut de gamme. Le Fathom propose, en plus du châssis et de la motorisation, un système de recharge bidirectionnelle intégré, ce qui le différencie du F‑150 Lightning, dont la fonction véhicule‑vers‑maison nécessitait un onduleur externe.

Architecture de la recharge bidirectionnelle

Dans les configurations traditionnelles de véhicule‑vers‑maison, le courant continu (DC) fourni par la batterie du véhicule passe par un onduleur installé dans la borne murale. Cet onduleur convertit le DC en courant alternatif (AC) compatible avec le réseau domestique. Ford a déplacé cet onduleur à l’intérieur même du Fathom. Le dispositif, intégré dès la conception, élimine le besoin d’une unité externe et réduit les pertes de conversion. La batterie du Fathom, dimensionnée pour offrir une autonomie suffisante en conduite, sert également de réserve d’énergie pour le domicile en cas de coupure de réseau.

Le processus de conversion repose sur un onduleur de puissance capable de gérer les tensions de la batterie (environ 400 V) et de produire une sortie AC standard (120 V ou 230 V selon le marché). Cette architecture implique un contrôle thermique renforcé, car l’onduleur doit fonctionner à la fois en mode charge et décharge. Ford a indiqué que le système utilise des algorithmes de gestion de la batterie (BMS) pour éviter les cycles profonds qui pourraient réduire la durée de vie de la batterie.

Implications pour les foyers et limites

Chaque Fathom pourra ainsi fournir une énergie de secours à un foyer, sans installation supplémentaire. En cas de panne, le véhicule peut alimenter les circuits critiques (réfrigérateur, éclairage, télécommunications) pendant plusieurs heures, selon la capacité de la batterie – typiquement entre 70 et 100 kWh selon les versions annoncées. Cette capacité représente une part importante de la consommation moyenne d’un ménage français, estimée à 4 500 kWh par an.

Le modèle introduit cependant des contraintes. Le poids supplémentaire de l’onduleur intégré augmente la masse du véhicule, ce qui peut impacter l’efficacité énergétique en conduite. De plus, la mise à disposition de la batterie pour le domicile réduit la réserve disponible pour le trajet, obligeant les conducteurs à planifier leurs déplacements en fonction des besoins domestiques. Enfin, la dépendance à un système de gestion de la batterie sophistiqué implique que les mises à jour logicielles seront cruciales pour maintenir la sécurité et la fiabilité du transfert d’énergie.