Objectif de la mission
Le programme MMX (Martian Moons eXploration) de l'Agence spatiale japonaise (JAXA) vise à récupérer du matériel provenant de Phobos, l’une des lunes de Mars, et à le ramener sur Terre. L’article indique que la mission prévoit de collecter jusqu’à dix grammes de régolithe, suffisants pour analyser la composition chimique et isotopique du corps. Cette analyse permettra de confronter les deux hypothèses principales sur l’origine de Phobos : capture d’un astéroïde ou formation à partir de débris martiens.
Architecture du système
MMX repose sur une architecture multi‑vaisseaux : un orbiteur, un atterrisseur, un petit rover et une capsule de retour. L’orbiteur, lancé à bord d’une fusée H3 prévue pour 2024, assure la navigation autour de Mars, la communication avec la Terre et le transfert de la capsule de retour vers la trajectoire interplanétaire. L’atterrisseur, d’environ 400 kg, déploie le rover qui, grâce à un bras articulé et un foret rotatif, prélève les échantillons dans les cratères les plus prometteurs. La capsule de retour, inspirée du système utilisé pour Hayabusa2, possède un bouclier thermique carbone‑carbure et un parachute pour la décélération atmosphérique lors de la rentrée terrestre prévue en 2029.
Défis techniques et limites
Le principal défi réside dans la faible gravité de Phobos (≈0,005 m/s²), qui rend les manœuvres d’atterrissage et de décollage extrêmement sensibles aux perturbations. Le système de préhension doit donc fonctionner à très faible poids, ce qui impose des contraintes sur la force de perçage et la rétention des particules. De plus, la mission doit survivre à une exposition prolongée aux radiations martiennes et aux variations thermiques de -150 °C à +20 °C. L’article souligne que les données d’imagerie et de spectrométrie collectées avant le prélèvement serviront à sélectionner les sites les plus sûrs, mais il note également que les incertitudes sur la cohésion du sol de Phobos limitent la précision des modèles de pénétration.
Implications scientifiques
Si le retour d’échantillons réussit, les analyses en laboratoire pourront déterminer la proportion d’oxygène lié à la silice, la présence éventuelle de composés organiques et les ratios isotopiques du fer et du nickel. Ces paramètres sont essentiels pour valider ou infirmer la théorie de la capture d’un astéroïde, qui prédit des signatures isotopiques similaires à celles des météorites chondritiques, contre une signature martienne plus homogène. L’article indique toutefois que, faute de résultats intermédiaires publiés, les conclusions restent hypothétiques jusqu’à la récupération effective des échantillons.