Contexte politique et fédéral
Lors de la People’s AI Assembly organisée par l’AI Now Institute, le maire Zohran Mamdani a dénoncé ce qu’il qualifie d’« abdication totale du droit fédéral » en matière d’intelligence artificielle. Il rappelle que le Superintelligence Task Force du président Trump, annoncé en septembre 2026, privilégie l’autorégulation des géants du secteur plutôt que l’instauration de normes contraignantes. Cette orientation contraste avec les avertissements internes de whistleblowers d’Anthropic, de Google DeepMind et d’OpenAI, qui évoquent des scénarios d’extinction humaine.
Mesures locales : interdiction scolaire et transparence immobilière
En octobre 2026, Mamdani a signé un décret interdisant l’usage de l’IA dans les écoles primaires et intermédiaires de la ville. La mesure s’appuie sur le principe de consentement éclairé : les outils génératifs sont jugés « non consensuels » pour des mineurs, notamment parce qu’ils peuvent collecter des données biométriques ou influencer les processus d’apprentissage sans supervision humaine. Le même texte législatif prévoit des sanctions administratives pour les établissements qui ne se conforment pas.
Parallèlement, l’été 2026, la municipalité a adopté une obligation de divulgation pour les annonces immobilières. Les propriétaires, courtiers et plateformes en ligne doivent indiquer clairement lorsqu’une photo ou une vidéo a été produite par une IA. Cette règle vise à contrer le phénomène de « house‑phishing », où des images synthétiques créent de fausses attentes chez les acheteurs et les locataires.
Risques liés à l’adoption non encadrée
Le maire cite l’attaque aérienne de février 2024 sur une école iranienne, où une sur‑reliance sur des systèmes d’IA pour le ciblage a contribué à la mort de plus de 150 personnes, dont 123 enfants. L’enquête du Pentagone, relayée par Bloomberg, montre que l’algorithme de sélection des cibles a manqué de vérifications humaines, illustrant le danger d’une automatisation sans garde-fou.
Dans le secteur privé, la perspective d’introduire Anthropic en bourse en 2026 et OpenAI en 2027 accentue la tension entre valorisation financière et responsabilité sociétale. Mamdani souligne que les entreprises utilisent souvent le discours d’« infaillibilité » pour éviter toute forme de contrôle, un argument déjà employé par Facebook en 2008.
Perspectives et limites de la régulation
Les initiatives de New York démontrent que les villes peuvent combler le vide législatif fédéral, mais elles restent limitées par la portée juridique locale. Sans une législation nationale définissant les critères de transparence, de consentement et de responsabilité, les mesures municipales risquent d’être contournées par des acteurs hors‑État ou par des plateformes internationales.
En conclusion, la stratégie de Mamdani repose sur deux leviers : restreindre l’accès technique (interdiction scolaire) et imposer la visibilité (déclaration IA dans l’immobilier). Leur efficacité dépendra de la capacité des autorités fédérales à instaurer un cadre normatif commun, notamment en matière de vérification humaine des systèmes de décision automatisés.