Présentation de l'écart
L'IA a déjà amélioré la productivité des équipes d'ingénieurs et devrait continuer à s'améliorer dans les années à venir. Cependant, certains dirigeants pensent que les fonctionnalités entièrement développées devraient être créées aussi rapidement que les prototypes. Malheureusement, la création de fonctionnalités de production prend encore presque autant de temps qu'avant. N'était-ce pas l'IA qui devait nous rendre hyper-productifs ?
Le fonctionnement de l'IA dans le développement
Pour comprendre cet écart de productivité, il faut reconnaître comment les développeurs répartissent réellement leur temps. En réalité, la création de nouvelles fonctionnalités ne prend pas la majeure partie de leur temps. Les ingénieurs seniors passent beaucoup de temps à déterminer quel code ils doivent écrire, et l'IA n'a pas encore facilité cette partie.
Par exemple, lorsque je dois lire un document de spécifications de produit ou même un ticket Linear rédigé par l'IA, cela prend plus de temps que la révision d'un document rédigé par un humain. L'écriture de l'IA peut être trop détaillée, ce qui rend plus difficile la distillation des parties clés.
Implications et limites
Même si l'on suppose que l'IA aide uniquement, le tableau n'est pas aussi rose qu'on pourrait le penser. Considérons un développeur senior qui travaille dans une grande entreprise technologique. Même si l'IA rend la programmation 3 fois plus rapide (en supposant qu'ils passent un peu plus de temps sur les tests, la CI/CD et le déploiement puisqu'il y a plus de nouveau code), ce développeur senior ne gagne que 1,25 heure par jour, soit environ 15%.
En revanche, un développeur junior gagne 2 heures, ce qui le rend environ 25% plus efficace. Cette différence est plus importante pour les juniors parce qu'ils passent plus de temps à programmer, ce qui est la partie du travail que l'IA améliore le plus.
Conclusion et perspectives
Étant donné l'impact plus important de l'IA sur les juniors, il est ironique d'entendre des dirigeants dire que « nous n'embauchons que des ingénieurs seniors parce que l'IA fait le travail des juniors maintenant ». En réalité, ce sont les juniors qui ont le plus à gagner de l'IA, surtout s'ils sont bons à l'utiliser comme outil d'apprentissage et non juste comme aide zélée qui fait le travail fastidieux.