Contexte financier

Au troisième trimestre, Meta a déclaré un chiffre d’affaires de 64 milliards de dollars, soit une hausse de 26 % par rapport à l’année précédente. Les coûts et dépenses ont progressé de 68 % sur la même période, reflétant l’intensité des investissements en IA et en réalité augmentée. La division Reality Labs, responsable des lunettes AR et des casques VR, continue d’enregistrer des pertes, mais la société prévoit que ces pertes se situeront entre 18 et 19 milliards de dollars d’ici 2025, en diminution par rapport aux niveaux antérieurs.

Mécanisme de la nouvelle classe d’actions

Meta a annoncé la création d’une classe d’actions de capital non‑voteuses, qui sera distribuée à tous les actionnaires existants sous forme de dividende en actions. Cette classe ne confère aucun droit de vote, préservant ainsi le pouvoir décisionnel des actionnaires de classe A et B, historiquement contrôlés par les fondateurs. La société indique que ces actions serviront à lever des capitaux, à rémunérer les employés, à financer des acquisitions et à couvrir d’autres besoins corporatifs, tout en maintenant la structure « founder‑led ».

Implications pour le financement de l’IA

Le lancement de la nouvelle classe d’actions intervient alors que Meta intensifie son portefeuille d’IA : les modèles Muse Spark, Muse Glimmer, Muse Wonder et Muse Spark Open ont été présentés cette année, ainsi que l’agent de codage Muse Code. Le PDG Mark Zuckerberg a indiqué que plus de 10 millions d’utilisateurs aux États‑Unis et au Canada ont activé un agent personnel Muse en seulement six semaines, ce qui justifie un besoin de financement supplémentaire pour soutenir la montée en échelle. La flexibilité offerte par les actions non‑voteuses permet à Meta de mobiliser des ressources sans diluer le contrôle des fondateurs, un facteur clé pour poursuivre les investissements dans les modèles de grande taille et les infrastructures de calcul associées.

Risques et limites

Meta a rappelé que des « questions juridiques et réglementaires » restent en suspens, notamment des procédures liées à la protection des jeunes utilisateurs dans plusieurs marchés, avec des procès prévus aux États‑Unis. Ces litiges pourraient affecter les résultats financiers et, par conséquent, la capacité de la société à exploiter pleinement les nouvelles actions pour financer l’IA. De plus, l’émission d’actions non‑voteuses peut être perçue différemment par les investisseurs, ce qui pourrait influencer la valorisation de l’entreprise sur les marchés.