Contexte financier
Dans le trimestre clos le 30 septembre 2026, Microsoft a déclaré 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires provenant des accords commerciaux avec OpenAI. Ce montant représente près de 11 % du revenu total du groupe, qui s’élève à 92,3 milliards de dollars. Sur l’ensemble de l’exercice fiscal 2026, les flux liés à OpenAI atteignent 24,1 milliards de dollars, ce qui, au rythme actuel, pourrait dépasser 40 milliards de dollars annuels.
Le bilan indique également 7,2 milliards de dollars de créances en suspens à la clôture du trimestre, contre 6 milliards en juin. Ces créances correspondent aux montants que OpenAI doit à Microsoft pour des transactions antérieures, et ne constituent pas un revenu supplémentaire.
Mécanisme de partage de revenus
OpenAI aurait cédé 20 % de ses revenus à Microsoft, conformément à un accord de financement de plus de 13 milliards de dollars. Aucun communiqué officiel ne confirme ce pourcentage, mais il figure dans les documents divulgués. Le même accord, renouvelé en avril 2026, prolonge le partage jusqu’en 2030, avec un plafond non précisé. En novembre 2025, des fuites ont indiqué que Microsoft aurait reçu 865,8 millions de dollars de paiements nets de partage sur les neuf premiers mois de l’année.
Le modèle de partage combine deux sources de revenu : les paiements directs issus du partage de chiffre d’affaires d’OpenAI et les facturations liées à la consommation d’Azure. Le rapport ne dissocie pas ces deux flux, ce qui rend difficile l’estimation précise de la part attribuable à chaque composante.
Implications pour Azure et le marché du cloud
L’accord d’octobre 2025 a contraint OpenAI à acheter 250 milliards de dollars de services Azure. Cette commande massive crée un volume de consommation qui se reflète dans les revenus de Microsoft, mais elle impose également une dépendance opérationnelle à la capacité d’Azure à fournir des ressources GPU à grande échelle. La libération partielle de l’exclusivité, autorisant OpenAI à travailler avec d’autres fournisseurs, introduit une variable de concurrence qui pourrait réduire la part de marché d’Azure si les alternatives offrent des coûts ou des performances supérieurs.
La légère dilution de la participation de Microsoft dans OpenAI, passée de 25 % à 24 % entre juin et septembre, indique une évolution de la structure capitalistique sans impact immédiat sur les flux de revenu. La cause de cette dilution n’est pas détaillée, ce qui laisse une incertitude sur les éventuelles futures cessions d’actions ou sur l’effet d’une nouvelle levée de fonds d’OpenAI.
Perspectives et limites
Si le rythme actuel se maintient, les revenus liés à OpenAI pourraient dépasser les 40 milliards de dollars annuels, soit une part substantielle du portefeuille cloud de Microsoft. Cependant, l’absence de ventilation précise entre partage de revenus et consommation Azure limite la capacité d’analyser la rentabilité marginale de chaque composante. De plus, le plafond du partage jusqu’en 2030, non communiqué, constitue une contrainte potentielle pour les prévisions à long terme.
En résumé, le modèle financier repose sur un double levier – partage de chiffre d’affaires et engagement d’achat de services cloud – qui crée une interdépendance forte entre les deux sociétés. La libération partielle de l’exclusivité et la dilution de la participation actionnariale introduisent des variables qui pourraient modifier cet équilibre dans les années à venir.