Principe de la multi‑connectivité

NanoPing repose sur une architecture à nœuds reliés à un hub central, chaque nœud pouvant exploiter plusieurs liens Wi‑Fi simultanément. Le protocole interne, nommé RAFT, orchestre la répartition des paquets vidéo en fonction de la qualité instantanée du signal (RSSI) et de la latence mesurée. Ainsi, lorsqu’un point d’accès devient trop faible, les paquets sont immédiatement redirigés vers un autre lien sans interrompre le flux.

Déroulement du test en laboratoire

Le banc d’essai s’étend sur 30 m et comprend trois points d’accès : AP A (2,4 GHz, canal 9, –65 dBm), AP B (5 GHz, canal 100, –46 dBm) et AP C (5 GHz, canal 36, –72 dBm). Un ordinateur portable, chargé d’émettre un flux vidéo à 30 fps, parcourt le trajet en une minute, s’éloignant successivement de chaque AP. Sur chaque réseau isolé, le débit chute dès que le signal passe sous –70 dBm, entraînant des dépassements du seuil de 100 ms imposé pour le streaming temps réel.

Avec NanoPing activé, les trois liens sont utilisés en parallèle. Le tableau suivant résume les mesures :

Temps d’attente >100 ms (s)   AP A seul : 0,5 s   AP B seul : 5,8 s   AP C seul : 8,1 s   NanoPing : 0 s
Frames perdues ou tardives   AP A seul : 8   AP B seul : 119   AP C seul : 208   NanoPing : 0
99 % des paquets < ms   AP A seul : 23 ms   AP B seul : 177 ms   AP C seul : 941 ms   NanoPing : 49 ms
Paquet le plus lent   AP A seul : 208 ms   AP B seul : 580 ms   AP C seul : 1 137 ms   NanoPing : 91 ms

Sur les 1 800 paquets transmis, NanoPing n’a enregistré aucune perte ni aucun dépassement du délai de 100 ms, contre jusqu’à 208 paquets tardifs sur le réseau le plus faible.

Analyse des performances et limites

Le gain principal provient de la réduction du jitter : chaque paquet est acheminé sur le lien offrant la latence la plus basse à l’instant t. La combinaison de deux bandes (2,4 GHz et 5 GHz) augmente la diversité de fréquence, limitant l’impact d’interférences locales. En outre, le partage dynamique du trafic évite les « goulots d’étranglement » que l’on observe lorsqu’un seul AP doit supporter l’ensemble du débit, comme le montre le temps de latence maximal de 1 137 ms sur AP C.

Les limites sont liées à la dépendance au signal RSSI : si toutes les antennes subissent simultanément une forte atténuation (par exemple dans un environnement très dense ou sous béton), le mécanisme de bascule ne pourra plus garantir le seuil de 100 ms. De plus, la surcharge logicielle du hub RAFT augmente légèrement la consommation CPU, ce qui peut devenir critique sur des appareils embarqués aux ressources limitées.

En résumé, la solution NanoPing démontre qu’une agrégation de trois réseaux Wi‑Fi, pilotée par un protocole de sélection de lien en temps réel, permet de délivrer un flux vidéo sans perte ni dépassement de latence, même dans un scénario de mobilité où chaque réseau individuel échoue à maintenir les exigences de streaming temps réel.