Contexte financier
Au troisième trimestre clos le 30 septembre, Palantir a affiché un chiffre d’affaires ajusté de 2,313 milliards de dollars, soit une hausse de 96 % sur un an, contre une prévision moyenne de 2,18 milliards. Le bénéfice net ajusté s’est établi à 44 cents par action, dépassant les 41 cents attendus. Cette performance représente le premier trimestre où le revenu total a franchi la barre du double milliard, marquant un tournant pour l’entreprise historiquement centrée sur le secteur public.
Dynamique des revenus US
Le segment commercial américain a généré 984 millions de dollars, soit +148 % d’une année sur l’autre et +29 % par rapport au trimestre précédent. En parallèle, les ventes gouvernementales aux États‑Unis ont progressé de 96 % pour atteindre 953 millions. Le croisement de ces deux lignes a porté le revenu total US à 1,937 milliards, soit +119 % YoY, et a pour la première fois placé le commercial devant le public. Cette inversion reflète l’expansion des licences de la plateforme Foundry auprès d’entreprises cherchant à internaliser leurs pipelines de données.
Analyse des marges et du Rule of 40
Le bénéfice net a plus que doublé, passant de 476 millions à 1,128 milliards, ce qui porte la marge nette à 49 %. Le résultat d’exploitation ajusté s’élève à 1,427 milliards, soit une marge de 62 %, tandis que le flux de trésorerie libre ajusté atteint 1,216 milliards. Le score « Rule of 40 » de 158 % dépasse largement le seuil de 40 % utilisé pour juger la santé des entreprises SaaS, indiquant que la combinaison de croissance et de rentabilité est exceptionnellement forte. Le bilan montre 10,4 milliards de liquidités et titres du Trésor, assurant une capacité de financement des contrats à long terme.
Perspectives et risques
Pour le quatrième trimestre, Palantir prévoit un revenu compris entre 2,649 et 2,653 milliards, au‑dessus des 2,46 milliards attendus par les analystes. L’objectif annuel a été relevé à 8,530‑8,534 milliards, avec un revenu commercial US prévu au minimum de 3,559 milliards (+143 %). L’entreprise mise également sur une hausse de l’« Operating Income » ajusté à 5,245‑5,249 milliards. Toutefois, la dépendance croissante aux contrats de grande envergure expose Palantir à la volatilité des cycles d’investissement des entreprises et à la concurrence des plateformes cloud intégrées. Le discours du PDG Alex Karp sur le « Sovereign AI » souligne une orientation stratégique vers des solutions d’intelligence artificielle souveraines, mais implique également des exigences réglementaires accrues qui pourraient ralentir la signature de nouveaux contrats gouvernementaux.