Contexte et enjeux de lancement

Le marché des services de mise en orbite montre des signes de tension d’offre, notamment aux États-Unis où SpaceX réduit progressivement les vols Falcon 9 au profit du Starship, encore en phase de qualification. Cette évolution incite les opérateurs à diversifier leurs fournisseurs afin de sécuriser des créneaux de lancement. Dans ce climat, Reflect Orbital, start‑up californienne qui développe une constellation d’environ 50 000 miroirs en orbite pour diffuser de la lumière solaire, a conclu deux contrats de lancement avec le lanceur indien Skyroot Aerospace.

Partenariat Reflect Orbital – Skyroot

Selon le communiqué de Skyroot, les deux missions seront exécutées sur le Vikram‑1 et sur une version améliorée, le Vikram‑1U. Le Vikram‑1 a marqué une première historique en juillet 2026 en devenant le premier lanceur privé indien à atteindre l’orbite, démontrant la capacité de l’industrie nationale à concurrencer les acteurs traditionnels. Reflect Orbital prévoit de placer son premier satellite miroir sur un vol rideshare Falcon 9 l’an prochain, mais utilise les deux lancements Skyroot pour déployer les premiers nœuds de la constellation, assurant ainsi une diversification géographique et temporelle.

L’autorité américaine des communications (FCC) a validé le premier satellite miroir de Reflect plus tôt en 2026, ce qui confirme la conformité réglementaire du projet et ouvre la voie à des déploiements à plus grande échelle.

Architecture du Vikram‑1 et du Vikram‑1U

Le Vikram‑1 repose sur un premier étage alimenté par un moteur cryogénique à propergol liquide, couplé à un second étage à propergol solide. Sa capacité de charge utile à l’orbite terrestre basse (LEO) se situe autour de 300 kg, suffisante pour les petits satellites de Reflect. Le Vikram‑1U, version « upgraded », intègre des améliorations de performance du moteur principal et un système de séparation plus précis, augmentant la capacité de charge d’environ 10 % et offrant une flexibilité accrue pour les missions multi‑satellites.

Perspective du marché des petits lanceurs (LEAP)

Parallèlement, le start‑up américain LEAP prépare le lancement de son Bighorn, un lanceur dédié aux petits satellites prévu pour 2028. Le Bighorn cible une capacité de 145 kg (320 lb) en LEO, utilise un unique moteur de première étape et un étage de mise en orbite nommé Cottontail. Cette architecture simplifiée vise à réduire les coûts de lancement et à offrir des fenêtres de vol plus fréquentes, répondant à la demande croissante de constellations de petits satellites.

Le développement simultané de Vikram‑1U et de Bighorn illustre la diversification du paysage des lanceurs : les acteurs émergents misent sur des améliorations incrémentales (Vikram‑1U) ou sur des conceptions radicalement légères (Bighorn) pour capter des parts de marché dans le segment des 100‑200 kg. La capacité de Reflect Orbital à sécuriser des créneaux sur deux plateformes distinctes renforce la résilience de son modèle économique et montre comment les nouvelles constellations peuvent s’appuyer sur une chaîne d’approvisionnement de lancement de plus en plus fragmentée.