Le site screensize.net a publié un rapport mensuel qui agrège les tailles de viewport mesurées lors de sessions de navigation réelles. Le document précise que les mesures concernent les onglets actifs, chaque onglet ne contribuant qu’un seul échantillon, ce qui limite la redondance dans les agrégats. Les valeurs sont arrondies en intervalles mensuels, offrant ainsi une vue d’ensemble des dimensions CSS utilisées par les utilisateurs sans prétendre refléter la part de marché des appareils ou des navigateurs.
Méthodologie de collecte
Le processus repose sur un script exécuté dans le contexte du navigateur qui capture la largeur et la hauteur du viewport en pixels CSS ainsi que le Device Pixel Ratio (DPR). Les DPR sont normalisés à des pas de 0,05, ce qui simplifie la comparaison entre appareils tout en conservant une granularité suffisante pour distinguer les écrans haute densité. Chaque session de navigation ne génère qu’un seul point de donnée, évitant ainsi la sur‑représentation de sessions longues ou de fenêtres multiples.
Traitement des données et respect de la vie privée
Aucun identifiant personnel, adresse IP, horodatage précis ou chaîne d’agent utilisateur complète n’est stocké. Le rapport indique explicitement que les signaux Global Privacy Control (GPC) et Do Not Track (DNT) sont respectés, ce qui exclut les utilisateurs qui ont exprimé le souhait de ne pas être suivis. Cette approche minimise les risques de ré‑identification tout en conservant les métriques nécessaires à l’analyse agrégée.
Limites et biais de l’échantillon
Le jeu de données exclut les viewports supérieurs à 6 000 px en largeur ou 4 000 px en hauteur, ce qui élimine les configurations ultra‑largees souvent associées à des stations de travail spécialisées. De plus, la classification des appareils est effectuée localement à partir d’heuristiques et reste une approximation ; les tablettes héritées sont explicitement omises. Les sections du rapport indiquent que les compteurs de « raw samples », « dimension anomalies » et « legacy tablet samples » sont à zéro, ce qui suggère que les filtres appliqués ont éliminé ces catégories plutôt que d’enregistrer aucune donnée.
Implications pour le développement responsive
Pour les développeurs, les valeurs publiées offrent un repère fiable des tailles de viewport réellement rencontrées sur le web, distinct des résolutions d’écran théoriques. En combinant ces métriques avec les outils liés (Viewport Size Checker, DPR Checker, etc.), il devient possible de calibrer les points de rupture CSS en fonction de la distribution observée, plutôt que de se baser uniquement sur des résolutions classiques. Cette pratique peut réduire le nombre de media queries inutiles et améliorer la fluidité du rendu sur les appareils les plus courants, tout en restant consciente des exclusions mentionnées dans le rapport.