Contexte du spectre 800 MHz
SpaceX a conclu un accord avec Grain Management pour acheter entre 4,85 MHz et 14 MHz de licences dans la bande 800 MHz (817‑824 MHz appariée à 862‑869 MHz). Cette bande, obtenue initialement par T‑Mobile lors de l’acquisition de Sprint en 2020, a été cédée à Grain dans le cadre d’une condition de fusion imposée par le gouvernement américain. La FCC a confirmé en juillet 2026 que ces licences couvrent « environ 100 % de la population américaine », bien que la largeur de bande soit limitée.
En parallèle, SpaceX a déjà acquis 65 MHz de spectre mid‑band auprès d’EchoStar, transaction approuvée en mai 2026 pour 17 milliards de dollars. Le doublement des bandes low‑ et mid‑band vise à combler les lacunes de couverture, le low‑band offrant une meilleure pénétration des murs et une portée plus longue.
Architecture du réseau Starlink Mobile
Le plan de déploiement repose sur des radios alimentant des antennes sectorisées installées sur tours, toits et autres structures. La propagation à 800 MHz, caractérisée par une atténuation moindre face aux obstacles, constitue une couche de couverture efficace pour les zones urbaines densément peuplées comme pour les zones rurales où les fréquences plus élevées peinent à pénétrer.
SpaceX combine cette infrastructure terrestre avec une constellation de satellites. Après le lancement de 650 satellites Direct‑to‑Device (DtD) pour le service actuel, la société a reçu l’autorisation de la FCC pour ajouter jusqu’à 15 000 satellites de génération V2. Selon SpaceX, ces nouveaux satellites fourniront plus de 100 fois la bande passante de la génération précédente et exploiteront l’ensemble des bandes de back‑haul Ka/V/E/W déjà utilisées par les satellites V3.
Le modèle prévoit également l’utilisation d’antennes Starlink installées sur les toits des habitations et des entreprises, permettant aux terminaux mobiles standards de se connecter sans modification matérielle.
Implications pour la concurrence et les déploiements
Le spectre low‑band, largement déjà supporté par les appareils mobiles existants, donne à Starlink Mobile la capacité de proposer un service « indoor » comparable aux opérateurs traditionnels. La combinaison de 14 MHz de low‑band et de 65 MHz de mid‑band place SpaceX en position de rivaliser avec AT&T, T‑Mobile et Verizon, qui détiennent collectivement plus d’un gigahertz de spectre licencié.
Les cours boursiers d’AT&T, T‑Mobile, Verizon et d’Ast SpaceMobile ont chuté immédiatement après l’annonce, reflétant les attentes du marché quant à la pression concurrentielle accrue. Toutefois, la Rural Wireless Association a exprimé des réserves, arguant que l’agrégation de spectre pourrait désavantager les petits opérateurs ruraux.
Limites et défis techniques
Le volume total de spectre low‑band reste inférieur à 15 MHz, ce qui contraint la capacité maximale disponible pour les services de données à haut débit. De plus, la mise en œuvre d’antennes sectorisées à grande échelle nécessite des autorisations locales et des investissements en infrastructure physique, ce qui peut ralentir le déploiement dans certaines régions.
Enfin, la dépendance à une constellation de 15 000 satellites implique des exigences de gestion orbitales et de mitigation des débris spatiaux, aspects qui restent sous surveillance réglementaire.