SpaceX a finalisé l’achat d’un portefeuille de licences de spectre basse fréquence, dont jusqu’à 14 MHz de spectre apparié dans la bande 800 MHz. Cette acquisition, annoncée en octobre 2026, vise à alimenter le service Starlink Mobile et à permettre à l’entreprise de proposer une offre comparable à celles des opérateurs traditionnels aux États‑Unis.

Contexte et acquisition du spectre

Le spectre 800 MHz est réputé pour sa capacité à traverser les murs et les structures urbaines, ce qui améliore la couverture intérieure. SpaceX a également intégré 2 GHz de spectre acquis précédemment auprès d’EchoStar, renforçant ainsi la bande passante disponible pour les communications directes entre satellites et terminaux. L’ensemble de ces licences doit être validé par la FCC avant d’être exploité commercialement.

Architecture hybride satellite‑terrestre

SpaceX prévoit de déployer 15 000 satellites de la génération V2, une flotte qui, selon l’entreprise, offre plus de 100 fois la bande passante de la génération actuelle. Ces satellites seront couplés à une infrastructure terrestre qui utilise le spectre 800 MHz pour assurer la continuité du service dans les zones où le signal satellite est affaibli. Le modèle hybride repose sur un routage dynamique : le terminal mobile bascule automatiquement entre le lien satellite et le réseau terrestre selon la qualité du signal.

Implications pour le marché mobile

En combinant les deux types de spectre, SpaceX cible les zones rurales et les environnements où les opérateurs historiques rencontrent des « dead zones ». La capacité à délivrer un signal fiable à l’intérieur des bâtiments, grâce au spectre basse fréquence, pourrait réduire la dépendance aux tours cellulaires classiques. Si la FCC approuve le projet, le service pourra être positionné comme une alternative aux offres de T‑Mobile, AT&T et Verizon, avec un modèle d’accès potentiellement plus flexible.

Contraintes techniques et limites

Le déploiement d’une constellation de 15 000 satellites impose des exigences de gestion du trafic orbital et de coordination des fréquences pour éviter les interférences. Le spectre 800 MHz, bien que pénétrant, offre une capacité moindre que les bandes hautes fréquences utilisées par les réseaux 5G, ce qui impose une optimisation du codage et de la modulation. De plus, la validation réglementaire de la FCC reste une étape incertaine, et les exigences de couverture nationale imposent des investissements substantiels en stations au sol.