Contexte de "Math 1.0"
Dans un court message publié sur Mathstodon, Terence Tao décrit le modèle historique qu’il nomme "Math 1.0" comme étant centré sur la rapidité d’apparition des résultats. La citation exacte indique que ce modèle "placed a premium on being the first to…", c’est‑à‑dire qu’il valorisait avant tout la primauté temporelle des découvertes. Cette approche s’est traduite par une compétition accrue pour publier en premier, souvent au détriment d’une validation approfondie ou d’une contextualisation plus large des idées.
Limites du modèle centré sur la primauté
Le même extrait souligne implicitement les effets secondaires du système de priorité. En privilégiant la rapidité, les chercheurs peuvent réduire le temps consacré à la vérification rigoureuse, à la réplication ou à l’examen des implications transversales. Le manque de données chiffrées dans le post ne permet pas de quantifier l’ampleur de ces effets, mais l’observation de Tao indique une tension entre l’innovation immédiate et la solidité à long terme des résultats. Cette tension se reflète dans les pratiques de soumission aux revues à facteur d’impact élevé, où la nouveauté prime souvent sur la profondeur.
Vers "Math 2.0" : critères holistiques
En introduisant le terme "Math 2.0", Tao suggère un cadre d’évaluation qui intègre plusieurs dimensions : la reproductibilité, la clarté des preuves, la capacité d’intégration dans des théories existantes et l’impact sociétal ou interdisciplinaire. Bien que le post ne fournisse pas de métriques précises, il implique que la communauté devrait développer des indicateurs au‑delà du simple « premier à publier ». Par exemple, les plateformes ouvertes comme arXiv ou les revues à évaluation ouverte pourraient offrir des mécanismes de suivi des citations, des commentaires post‑publication et des reproductions, constituant ainsi un ensemble de mesures plus équilibré.
Implications pour la communauté mathématique
Adopter un modèle "Math 2.0" aurait des conséquences concrètes sur les pratiques de recherche. Les institutions pourraient réviser leurs critères d’avancement pour inclure la qualité de la documentation et la disponibilité du code ou des démonstrations formelles. Les conférences pourraient allouer des sessions dédiées à la réplication d’études antérieures, renforçant ainsi la confiance dans les résultats publiés. Enfin, la proposition de Tao, même exprimée en quelques mots, invite les acteurs du domaine à réfléchir à la façon dont les valeurs d’évaluation influencent la direction de la recherche mathématique, ouvrant la porte à une culture plus collaborative et moins axée sur la course à la primauté.